2020.

22:38 / Nocturne n°2 de Chopin
Midnight / Coldplay

 

J’écris ici depuis 2010 environ.
Je n’ai rien gardé.
“On ne sait jamais, ça peut toujours servir” est une phrase prononcée par ma mère que j’ai entendu toute ma vie. Alors, bien évidemment, au fil des ans je me suis employée à faire le contraire, par esprit de contradiction stupide, jusqu’à ce que je comprenne à quel point “se débarrasser” a un sens thérapeutique beaucoup plus profond.
Je n’ai quasiment plus écris ici depuis 1 an si ma mémoire est bonne, je n’avais plus rien à dire. J’écrivais tout à l’intérieur de moi. Des paragraphes entiers que je laissais mourir le lendemain, car que dire qui n’a déjà été dit par d’autres, constamment ? J’ai ce vertige de presque 8 milliard de personnes sur cette planète. Tout a forcément été dit, montré, créé, non ?
Après tout les humains ne changent pas, ils ne désirent que l’amour alors font tout le contraire comme de sales gamins capricieux qu’on a envie de gifler entre 2 rayons de supermarché.

Mais si c’était aussi simple de dire “j’arrête” , pourquoi les pages continuaient de s’écrire toutes seules. Ha c’était donc ça …
Plusieurs personnes n’ont pas lâché le morceau et m’ont demandé régulièrement quand est-ce que j’écrivais sur ceci ou cela. Quand est-ce que je reprenais le blog. Quand est-ce que je l’ouvrais à nouveau ? Ha c’était donc ça … Ce besoin de se relier à quelque chose, à quelqu’un. Ce besoin de sentir que l’on est pas seul à tourner et retourner des pensées dans sa tête qui ne sont pas instagramables, censurables à tour de bras, non conforme à la police 2.0, ce beau nouveau Cerbère qui crache sa haine du conformisme en en créant un autre encore plus violent. J’aurai pas voulu être leur voisine en 45.

Je n’avais plus rien à dire n’est sans doute pas si juste, il serait plus honnête de dire que j’avais peur de m’exprimer à nouveau, en plus d’être prise d’une léthargie désabusée voire monstrueusement ironique et acerbe la plupart du temps. Je me disais qu’il ne fallait pas écrire pendant ces moments là, que j’allais être bonne à mettre au pilori comme tant de fois passées par les flics de la morale qui savent si bien ce qui est communément acceptable ou ne l’est pas dans des domaines, groupes et partis se disant hors normes. Finalement je devrais peut-être les remercier, c’est grâce à eux que pendant toute l’année 2019 ma sale âme d’anarchiste s’est dit qu’il serait sans doute temps d’arrêter de penser que c’est en se taisant que ça ne me fera plus trop mal (i mean, how the fuck is this logic ?!…), et que le sacro-saint “mais je ne suis lue par personne à quoi bon écrire si je n’ai pas tant de retours/commentaires/partages” ne rime décidément à rien. Ecrire pour soi est déjà bien assez.
Avec Insta je suis rentrée dans un système dont les limites sont très facilement et rapidement atteignables, quiconque n’a déjà pas spécialement l’esprit de compétition ni un masque trop développé se retrouve vite aliéné et en souffrance si d’autres pathologies s’en mêlent.  La photo étant (re)devenue mon medium d’expression principal je me suis confrontée à ce système, j’en ai fait le tour, et comme n’importe quel système mis en place, j’en sors. Pas physiquement, car c’est une bonne plateforme pour partager ce que l’on fait, mais mentalement. Comme ici avec l’écriture. En ce début d’année j’ai compris qu’il fallait dépasser le cadre pour trouver quelque chose de plus sincère, en soi, et pour ce que l’on veut communiquer aux autres.

Ceci est un journal virtuel, rien de plus.

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