” I mean, it’s great to be ambitious and aim for more and more to be happy in the future, as i’ve lived up until now, but i think it’s one of the nicest way to live life if you know how to enjoy what is in the present.

” But even in that transition period, you can think that happiness is not something that you have to achieve. You can still feel happy during the process of achieving something. So if you change the perspective a little bit, i know many people are going through tough times right now, but this moment can be the most beautiful moment of our lives. We all have the galaxy in our hearts, but there are some people who never find that out until they die. If you can accept that those hard times are part of beautiful moments in life you can truly understand.

“I think that there’s no need to live your life based on the standard of others. Everyone says “dream big” but i don’t think you have to live so fiercely like that all the time.”
– RM, BTS*

 

Mars et avril ont été des mois particuliers, remplis de colère, de déceptions, d’amertume. L’impression de n’arriver à strictement rien, d’en être incapable, ne m’a pas lâchée un seul jour et a engendré bien des moments de longues réflexions, vastes, amenant souvent au vide et à une frustration encore plus grande. Parallèlement, plus j’avance dans la découverte du squelette de ma vie et plus le fait de savoir m’emporte dans un désespoir. Un désespoir commun a bien des gens, celui de ne pas réussir, celui de ne pas être heureuse. Celui de ne pas avoir de but, et celui d’être sûre de ne jamais réussir à l’atteindre si …

Comme bien d’autres personnes quand on me demandait ce que je voulais faire plus tard il n’y avait qu’un gros blanc pour réponse. C’est toujours le cas maintenant. Et puis un jour est venue se greffer cette idée absurde qu’au bout du compte ce qui comptait c’était d’être heureuse, d’arriver au but final : le bonheur. Le Saint-Graal qu’absolument tout nous martèle chaque jour : pour avoir une vie réussie il faut être heureux. Or comme la beauté, la laideur, la musique, le plaisir … tout est subjectif. Qu’est-ce qu’être heureuse voulait dire pour moi ? Je n’en savais rien. Est-ce que j’avais seulement au final déjà ressenti une fois le bonheur ? Et est-ce qu’on est obligés de le ressentir quand on va bien ? Est-ce que c’est vraiment une composante essentielle dans la vie ? Pourquoi les gens courent maladivement après un état qui finalement n’est peut-être pas la clef de leur paix intérieure ?

Je me suis rendue compte au fil de mes pensées que ce mot, bonheur, n’avait aucune signification pour moi, il ne résonne pas. C’est un mot que je n’utilise jamais et auquel je ne pense jamais. Il manque de relief, de profondeur, d’exactitude, d’image. La philosophie en a fait un idéal sur lequel baser sa vie entière, notre époque en a fait un but à atteindre chaque jour de gré ou de force sous peine d’être taxé de tout les péjoratifs sociaux, les grands maux de ce siècle : dépression, anxiété, feignantise etc.

Et pour ceux qui ne recherchent pas le bonheur ? Qui ne se retrouvent pas dans ce terme, dans ce schéma imposé ? Il est assez drôle quand on prend un peu de recul de se rendre compte que chercher le bonheur à tout prix est précisément ce qui nous rend le plus malheureux. Une telle dissonance a un coût très élevé pour ceux qui ne peuvent sans aucune façon se couler dans un moule, qui en sont conscients, mais qui ne savent pas quoi en faire à part essayer de passer entre les gouttes ce qui demande déjà un effort considérable.

 

Ce mot bonheur est une projection trop lourde à porter. Je me souviens de ce moment sur Twitter où la courte vidéo de Yoongi disant cette phrase est apparue et combien les gens ont été soulagés que quelqu’un le dise. Le nombre de personnes confessant qu’elles n’avaient pas de rêve et qu’elles ressentaient une pression sociale énorme, quitte à mentir, était juste hallucinant. Mais j’en revenais toujours au même point, just be happy. Si cela sous entendait d’être simplement en phase avec moi-même alors c’était déjà un autre contrat. Je n’ai pas de rêve, peut-être parce que j’ai toujours pensé que c’est tout le processus de réalisation qui est le plus important et qu’une fois arrivé au bout le sentiment d’accomplissement du rêve n’est pas du tout aussi puissant que tout ce qu’on a fait derrière. D’ailleurs très souvent pendant le processus on ne veut finalement plus accéder à ce rêve ou bien on en change parce qu’il ne représente plus quelque chose que l’on pensait absolument essentiel, il est vide de sens parce qu’en chemin on a trouvé autre chose qui nous remplit entièrement.

“Le bonheur ne se trouve pas au sommet de la montagne, mais dans la façon de la gravir” – Confucius.

 

Alors je remplace le mot bonheur et happy par plénitude et sérénité. Je ne veux pas être heureuse, je veux me sentir entière. Je ne veux pas me dire “je nage en plein bonheur !” parce que je sais d’avance que cela implique l’éphémère, non, je veux pouvoir dire “je suis en paix”. C’est tout ce processus de maturation, de découvertes, de doutes et de réalisations pas à pas qui m’intéressent plus que tout.
D’avoir statué cela récemment m’a fait rentrer un peu plus dans cette paix. Il ne s’agit pas de l’aboyer dans les rues, de porter hauts des étendards, de rajouter de l’agitation dans ce quotidien déjà tant frappé par la frénésie indécente du monde.
Quand je mourrais je préfère me dire que j’ai construit quelque chose à l’intérieur de moi, que j’ai essayé d’accéder à autre chose et que je n’ai pas tenté de changer les autres à tout prix pour qu’ils soient conformes à ce qui me plait mais plutôt que j’ai vécu en étant la plus sincère avec moi-même, que j’aurais essayé d’ouvrir au maximum le coeur d’or qui se cache derrière notre coeur vermeil.

 

Et vous comment percevez vous le mot bonheur ?
Est-ce une notion qui vous parle ou au contraire ne vous touche pas plus que ça ?

 

 


*RM et Min Yoongi sont 2 membres du groupe BTS. Deux personnes qui ont un impact dans ma vie de façon assez impressionnante et dont je parlerais peut-être un jour.


6 commentaires

Océane · 10 mai 2018 à 12 h 08 min

Je te rejoins pleinement sur l’aspect “vide de sens” du mot bonheur. Pour moi, le bonheur pour le bonheur, ça fait une belle jambe, mais déjà j’ai du mal à cerner à quoi ça ressemble, et surtout, ça sonne bien éphémère. Chercher le bonheur parce qu’on nous dit qu’il le faut, ça me semble absurde. Ne pas être malheureux, c’est déjà pas mal comme début. J’aime cette idée d’entre deux, de neutralité presque, qui te permet d’aller de l’avant justement, de te lancer dans l’accomplissement de choses qui t’intéressent, te tiennent à coeur. Profiter pleinement de tout ce processus, parce qu’on fond, je pense que ça nous permet de mieux nous connaître, de nous faire découvrir des parts de nous qu’on avait consciemment ou inconsciemment fait taire. Et oui, même à un moment on choisit de prendre un autre chemin que celui initialement prévu, on en aura quand même tiré quelque chose. La paix intérieure est pour moi bien plus importante que le bonheur, parce qu’elle est pérenne, elle nous ramène à l’instant présent, à profiter de cet instant.

    Lou · 10 mai 2018 à 13 h 33 min

    C’est tout à fait ça, la paix intérieure quand elle commence à s’acquérir est là et bien là et plus on la cherche et plus elle s’installe. Le bonheur à contrario est quelque chose de passager, moins intéressant. Le sentiment de paix intérieure est tellement profond et surtout on peut aller puiser dedans à tout moment, le bonheur bcp moins voire pas du tout on peut seulement s’en souvenir… merci pour ton commentaire Océane =)

Iesca · 13 mai 2018 à 20 h 11 min

Tu as tout dit <3 .

rozier jennifer · 9 juillet 2018 à 21 h 47 min

Le bonheur….Etre en paix avec soi et s’aimer soi-même.

rozier jennifer · 9 juillet 2018 à 21 h 48 min

Ne pas crouler sous les angoisses…

Syba · 29 juillet 2018 à 8 h 34 min

Je vais faire selon mon habitude et jouer avec le mot. Le bonheur, c’est la bonne heure. Pour moi c’est donc se placer dans l’instant et y trouver une certaine paix parce qu’on ne s’occupe pas de ce qui n’est plus et on n’a pas de pression sur l’avenir. Juste le plaisir du chemin justement.
J’ai l’impression que cette injonction au bonheur qu’on se voit imposé répond à une pression à la perfection. Être et avoir toujours plus, se focaliser sur ce qui n’arrivera peut être pas mais tout donner pour ça quitte à se briser. Depuis que j’ai renoncé à “avoir un rêve”, comme tu dis, ça va mieux, je trouve du positif et des raisons de m’amuser mieux de la vie qui est si sérieuse.
Du coup je te retrouve sur l’idée, mais j’adore le bonheur. Il est simple et ne s’arrête que si on n’y est plus disposé (parce que la vie peut mettre trop à l’épreuve pour y voir la chance d’évolution et que “shits happen”), revient, repart. Par contre la perfection est un mirage et ça ne rend pas heureux et n’étanche pas la soif que de courir après un mirage.

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