2017, à quoi tu pensais ?

2017. L’année du coq, dominée par le feu. A quoi tu pensais ? Tu m’as laissée en jachère, toute l’année, sans que rien ne puisse y pousser à nouveau. Tu m’as fait dégueuler tripes et boyaux quand plus rien ne voulait couler de mes yeux. Ha ça, t’as du bien te marrer à me voir tourner en rond comme une toupie, prise par le vertige de mon éternelle immobilité. T’as cru quoi, que les humains se sont des kinder surprise, qu’il suffit de les éventrer pour qu’il y sorte quelque chose de mignon ?
Et moi j’ai nagé, pauvre folle, le nez en avant les bras tendus cherchant à agripper le moindre aileron crevant la mer, les requins c’était toujours mieux que l’abysse. Mais je crois que tu t’y attendais pas à ça, même au dernier  mois, même à la dernière tempête de décembre, tu t’es dis “ouai allez on en remet une couche histoire de bien achever l’année en beauté” en ricanant grassement comme la crevure que tu as été pendant 12 mois. Tu t’y attendais pas disais-je que les minces, si minces étincelles, soient reparties d’un coup, pfut, en une fraction de seconde, et t’aveugle au passage. Tu me susurrais que la noyade était proche, je t’ai fais un gros bon fuck des familles en réponse.

 

Parce que contrairement à toi on évolue, toi tu ne dures qu’1 an. Alors oui bien sûr tu peux nous laisser des cicatrices mais qui peuvent être transmutées par des éléments que tu ne connaîtras jamais tels que : la joie, l’amitié, le lâcher prise, l’amour, la désobéissance, la foi… Pendant ces 12 mois je t’ai enfin prouvé que j’étais plus forte que toi. Même s’il me reste un travail pharaonique jusqu’à la fin de ma vie une bonne part de tes petites mesquineries ne prendront plus. J’en connais d’autres que tu as molesté sans retenue mais cela nous a rapproché, certains très fort, d’autres un peu moins mais les liens qui se tissent ne se mesurent pas à l’échelle de notre petit cerveau. Finalement c’est toi que nous avons ouvert à coup de hache, et nous avons trouvé des trésors fabuleux que tu avais égoïstement englouti. Le plus grand de tous fut notre amour propre. La dignité, la fierté, le respect, tu connais pas, t’as pas capté ce qu’il se passait. Tu ne sais pas non plus que les lotus ont leur racines dans le fond de l’étang, là où c’est bien crade. Nous sommes tous des lotus, des lotus sacrés, qui pouvons envoyer un kamehameha bien senti dans ta sale gueule. Je te l’accorde au départ j’arrivais même pas à faire sortir un petit bout de rayon mais maintenant je pourrais te botter le cul sans que t’ais eu le temps d’inspirer. Alors ouai j’ai les mains qui tremblent, le cœur au bord des lèvres, je recompte la monnaie 3 fois avant de la rendre, je ne comprends pas pourquoi cette connasse ne me dit pas bonjour le matin, 8 fois sur 10 j’ai peur de demander un truc, je dis je t’aime dans ma tête parce que j’ai peur de l’écrire, j’ai pensé des centaines de fois à enlever les mains du volant, je culpabilise toujours un peu lorsque j’ose me faire un cadeau, j’ai encore un peu de bide, j’ai plus d’1 an de retard dans mes cours, et tant de choses encore, mais ce n’est rien, RIEN, comparé à tout ce que j’ai pu accomplir pendant tes 12 putain de mois. Tu m’as vue quand j’ai accepté avec un sourire crispé toutes les aides que l’on me proposait alors que dans ma tête ça hurlait “fuyez pauvres fous !!” ? Tu m’as vue quand j’ai refusé un poste confortable mais qui me révulsait de l’intérieur ? Quand j’ai dit à ma mère lentement et en détachant chaque mot ” tu – me – fais – chier” ? Quand j’ai réalisé que j’avais cessé de m’auto basher ? Quand je me suis inscrite sur 3 sites de rencontres un soir pour rigoler ? Qu’au bout de 4 ans j’ai décidé de m’offrir la liberté à laquelle j’avais droit ? Quand ce mantra revient souvent dans ma tête et me permet d’aller plus loin ? Quand je me remet enfin à la méditation régulièrement ? Quand j’ai dit avec force non aux médocs et à la thérapie foireuse ? Quand quand quand quand quand quand. Tout ces quand qui t’écrasent littéralement et qui viennent de ma seule volonté. Pour la première fois je vais hurler ce bonne année, soulagée comme jamais de ne plus voir ta mortifère silhouette planer.

Je me suis trouvée des ressources insoupçonnées, j’ai aussi choisi le silence plus d’une fois, j’ai porté l’auto-dérision en haut étendard, et surtout j’ai appris à être fière de mes choix, de mes goûts, de mes préférences. De dire “et alors ?” à l’abruti de service, de dire à mon égo “je t’entends mais j’en ai juste rien à foutre”, et de me débarrasser de beaucoup de choses. C’est vrai que l’application “poubelle” à marché quasiment toute l’année, entre les objets que j’ai donné ou balancé, les gens qui ne comprenaient pas que leur avis sur ma personne étaient aussi impactant sur moi qu’un match de foot et qui pensaient pouvoir me foutre une quelconque pression avec des vieux trucs pourris datant de plusieurs années, un sacré vide salutaire s’est élargi les mois passants et même si je n’aspire pas du tout à une philosophie de vie minimaliste il est certain qu’un grand ménage est à faire régulièrement.

2017, à quoi tu pensais ? t’as merdé dans tous les sens du terme alors que tu croyais maîtriser la partie. Ta petite soeur ou ton grand frère n’a qu’à se tenir à carreaux, je crois qu’on va être plusieurs milliards dans le monde à te faire comprendre que les règles du jeu ont changé, tu la sens la nouvelle génération qui va t’en mettre une bien profond ?

2017, je n’ai plus qu’une chose à te dire, en souriant d’allégresse, de soulagement et d’un plaisir incommensurable, accompagnée j’en suis sûre et certaine de plusieurs autres personnes qui lisent ceci  :

VA

TE

FAIRE

FOUTRE

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