Gnothi seauton (en grec ancien Γνῶθι σεαυτόν / Gnỗthi seautόn1, API : [ˈgnɔːˌ.tʰi se.au.ˈton], traduit par Nosce te ipsum en latin2) est une expression en grec ancien, signifiant : « Connais-toi toi-même. »

Durant ces dernières semaines j’ai eu l’occasion de réfléchir sur la personnalité, au sens large comme au niveau de ma propre expérience. Le constat était parti d’une pensée que j’avais eue, je me disais qu’il était curieux que certaines choses que j’avais adoré adolescente étaient entrain de revenir, de s’ancrer à nouveau et que pas mal de personnes notamment quelques “proches” allaient se demander encore quel câble j’avais pété, sans savoir que ces choses là faisaient déjà parti de mon histoire.
Plus jeune on m’a souvent dit que je n’avais pas de personnalité car lorsqu’on me posait des questions personnelles je donnais des réponses évasives ou bien je répondais la même chose que tout le monde, j’avais peur que l’on se moque de mes goûts particuliers. Ou bien parce que je m’intéressais subitement – trop, selon certaines personnes, toujours des proches – aux intérêts d’autrui.

Souvent la personnalité est confondue avec les goûts personnels ou le mimétisme = tu aimes les mêmes choses que tout le monde, ou cette personne en particulier donc tu es un imposteur. Hors développer sa personnalité est bien plus complexe que cela. Voici deux définitions que nous pouvons trouver :

1. Ce qui constitue la personne, qui la rend psychiquement, intellectuellement et moralement distincte de toutes les autres
2. La personnalité est une combinaison de caractéristiques émotionnelles, d’attitudes et de comportement d’un individu.

Dans une société qui est de plus en plus rigide et qui formate tout et tous.tes il est difficile de trouver réellement ce qui nous constitue. Qui suis-je ? reste une des questions vitales que l’on se pose quasiment toute sa vie. Notre personnalité en fait partie et je pense qu’on y a accolé bien trop de fausses croyances : on peut vous juger sur un simple cv en vous disant que vous n’avez aucune personnalité. Or ce n’est clairement pas nos expériences professionnelles qui vont parler pour nous !
Nous sommes d’une complexité ahurissante : nous portons en nous des croyances sociales de plusieurs siècles ainsi que celles issues de notre arbre généalogique et nous devons faire coexister tout ceci en plus de notre propre existence. En pleine période de l’adolescence la personnalité est un sujet que l’on devrait toucher avec tact car comme nous le savons tous c’est une pente glissante et un moment charnière dans la construction personnelle d’un individu, c’est la transition par excellence où on se juge à coups de burins parce que l’on apprend pas à ces adultes en devenir que se comparer aux autres ne produit pas de valeur ajoutée et qu’il vaut mieux apprendre à s’aimer soi-même en premier. Quelques années plus tard on retrouve des personnes confuses, hésitantes et peu sûres d’elles. En ce qui me concerne  j’en suis toujours là malgré beaucoup de travail déjà entamé. S’il y a bien une expression que je n’aime pas c’est “elle a de la personnalité”, tout le monde en a ! La différence  c’est comment on la montre, comment on la fait ressortir. Je suis sûre qu’il vous est déjà arrivé de vous dire “woua sacrée personnalité !”, mais vous êtes-vous demandé pourquoi c’est la première chose qui vous vient à l’esprit ? Qu’est-ce qui fait que cette personne vous semble dotée d’une personnalité particulière ? par rapport à qui, à quoi ? Avez-vous aussi déjà remarqué que l’on dit cela quasi exclusivement des gens extravertis ? Pour avoir une “sacrée personnalité” il faudrait donc être excentrique, doté d’un caractère fort, avoir des goûts particuliers, faire des choses particulières (mais pas trop non plus sinon vous serez juste un excentrique pas fréquentable). Les introvertis vous pouvez  aller vous rhabiller, vous ne faites pas assez de bruit donc votre personnalité n’est pas intéressante. Hé bien moi je dis non. Je côtoie des introvertis quotidiennement et, comme tout un chacun, ils sont bourrés de singularités et sont tout aussi intéressants que n’importe qui d’autre. J’aurai aimé que l’on me dise ce genre de choses lorsque j’étais adolescente, j’aurai aimé qu’on me dise que cultiver son jardin intérieur est un plaisir beaucoup plus grand et précieux que la présupposée reconnaissance des autres sur ma personnalité. J’aurai aimé que l’on m’explique qu’avant de vouloir quelque chose (fringue, objet, rêve …) il faut apprendre à distinguer si c’est vraiment moi qui le veux ou si c’est par mimétisme, par ennui, par dépression, par peur.
J’aurai aimé qu’on me dise que apprendre à me connaitre moi-même est mille fois plus important que de savoir ce que les autres pensent de moi.

Alors oui c’est un travail qui finalement rejoint quasiment tout : la confiance en soi, la volonté de construire sa vie comme on l’entend, nos rapports aux autres. Je crois que si l’on ne perd pas de vue de faire les choses pour soi en tout premier alors on fait plus vite le tri, mais je pense aussi qu’il ne faut pas oublier que tout est impermanent. C’est normal si vous ne vous reconnaissez plus 6 mois plus tard, la première chose que l’on se dit un peu honteusement c’est “ce n’était pas moi !”, si, mais si ! c’était vous, une partie de vous, que vous avez consenti à laisser sortir, que vous avez consenti à explorer. Le cacher, l’effacer n’est à mon sens pas la bonne solution, il ne faut pas avoir honte de ce que l’on a pu faire / dire / être mais plutôt essayer de comprendre pourquoi on a eu besoin de ça à un moment donné. Vous allez vous ré inventer des dizaines et des dizaines de fois dans votre vie, et aucune “version” de vous ne sera finalement meilleure qu’une autre. C’est juste votre chemin, votre évolution, chaque étape est nécessaire. Etre un INFJ ou n’importe quel autre type ne vous enchaîne pas à vie, ne vous force pas à en être un si vous sentez que vous êtes inconfortable en vous-même.
J’ai pu expérimenter aussi ce reproche extérieur “oui mais tu étais comme ça avant, mais tu faisais ça avant, oui mais tu disais ça AVANT”. Ce lourd reproche de l’inconstance que vous personnifiez je suis sûre que tout le monde se le prend en pleine face un jour ou l’autre. La seule chose qu’il y a à dire à ce sujet : ne perdez pas votre temps. Qui ne change pas ?! Si les gens vous le reprochent c’est que quelque chose en vous éveille quelque chose en eux mais ils le rejettent car cela voudrait dire qu’eux aussi devraient changer / se remettre en question. Tellement plus simple alors de dire que c’est vous le problème.

J’ai également repensé ces derniers temps à la cohérence. C’est quelque chose que l’on met bien trop souvent sur un piédestal. Essayer d’être cohérent dans ce que l’on fait, ce que l’on dit, ce que l’on est, il n’y a pas de problème avec ça, c’est quelque chose que nous essayons tous de faire je pense inconsciemment. Là où ça a tendance à me gonfler c’est cette injonction à être tout le temps cohérent. Hors, non, nous sommes faits de chaos. Il faut accepter cette part de nous qui parfois pète complètement un plomb et a viscéralement besoin de faire quelque chose d’incohérent à mort mais qui sera tellement libérateur. Je crois que l’on confond la cohérence et l’honnêteté personnelle. On peut partir sur un coup de tête à l’autre bout du monde en plaquant tout, vu de l’extérieur ça n’a rien de cohérent (pourquoi risquer le flou absolu et l’insécurité quand on a job + toit + chips ?) pourtant la personne accompli un acte honnête : elle s’écoute. Quand vous acceptez qui vous êtes à l’instant T vous n’êtes peut-être pas cohérent, par exemple vous êtes déprimé mais vous acceptez de l’être avec tout ce que cela symbolise, vous le comprenez, vous l’intégrez jusqu’au plus profond de vos cellules alors qu’au contraire on aurait tendance à vous dire de guérir le plus vite possible pour passer à autre chose, mais vous êtes honnête. Et je pense que cette honnêteté participe grandement à forger la personnalité.

Sur Instagram j’ai demandé en story à ceux qui le souhaitaient de m’expliquer leur vision de la personnalité, voici quelques réponses (que je vais rajouter au fur et à mesure)(encore merci à vous <3). N’hésitez pas en commentaire à partager la votre également !

“Avoir de la personnalité, c’est savoir s’affirmer. Il y a de l’idée récurrente que ça veuille dire “avoir une grande gueule” mais c’est simplement savoir qui on es et s’autoriser à le vivre. On peut avoir de la personnalité en étant très timide, effacé ou simplement en laissant aller quand on ne se soucie pas du sujet. On peut aussi être bruyant et cacher une insécurité comme ça, être dans le paraître. C’est, en tout cas, dans ma définition, savoir qui on est. Ca n’a ni besoin d’être prouvé, ni besoin d’être crié. C’est finalement être vrai et ça prend autant de forme qu’il y a de gens.” Sara de Green hills & old stones

 

Enfin pour approfondir un peu le sujet je vous conseille l’excellent podcast : faire immerger sa personnalité profonde

 

 

 


1 commentaire

Jenny · 29 décembre 2017 à 22 h 50 min

Il y a peu j’ai pensé peu ou prou la même chose! Tu l’a bien exprimé, moi aussi j’ai été complexée face a des extraverties! Et j’en ai croisé qui avait besoin limite d’écraser le autres car facilement jalouses, competititves,…

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