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Choisir des alternatives aux produits conventionnels, comment ça se passe ?

 

 

A moins de vivre sur Pluton personne n’a échappé à cette vague qui déferle lentement mais sûrement côté cosmétique. Et il était quand même temps qu’elle arrive, car en 2017 on teste toujours sur les animaux. Cet article n’a pas pour but de  faire culpabiliser qui que se soit sur ses choix personnels mais simplement de donner quelques informations et pistes qui peuvent simplement éclairer.  Je ne serais pas celle qui va vous faire une leçon de morale sur ce que vous devriez faire, je ne trouve pas ça constructif et il faudrait peut-être commencer à comprendre que les gens évoluent et ont des prises de conscience à leur rythme. Un petit pas est toujours mieux qu’aucun.

anatomie du corps humain vu par les Perses au 17eme.

 

Bien qu’on s’empresse de mettre sur le bûcher cette pratique, on en oublie bien souvent qu’elle a été précurseur en matière de médecine et de compréhension du corps humain. Disséquer un mort était interdit et totalement impensable à l’époque d’Hippocrate par exemple. Ce qui était important pour certains philosophes étaient de démontrer que les maladies et maux du corps n’étaient pas mystérieux et mystiques mais avaient bien une origine « organique ». Car les croyances battaient le pavé et on ne savait pas où était le sang dans le corps, ni la position des organes, ni comment ils fonctionnaient entre eux. C’est donc grâce aux petits animaux que l’on a pu écarter petit à petit les croyances populaires solidement ancrées et commencer à comprendre l’incroyable machine qu’est notre corps. La question de la souffrance animale ne se posait aucunement, on ne se la posait déjà pas pour les femmes.

Ce qui fera la différence à travers les siècles c’est le rapport entre l’homme et l’animal, l’après pensée cartésienne qui excluait totalement la souffrance animale et le recul de l’analogie animal = objet. Cependant, on ne met visiblement pas tout les animaux dans le même panier : disséquer un chien n’est pas correct, des dizaines de souris en revanche ne pose pas de problème. Cette dernière est la plus communément utilisée en laboratoire ainsi que les lapins.

La question des tests sur les animaux en matière de recherche médicale reste celle qui fait hésiter le plus. Et moi-même je me la suis posée plus d’une fois. Je pense qu’il existe des personnes extrêmement sincères qui veulent seulement trouver des solutions, mais le poids des industries pharmaceutiques et des divers laboratoires ne permet pas, à mon sens, d’appliquer une quelconque mesure ou d’injecter une bonne dose de philosophie bouddhiste.
Oui, bien sûr, il existe quelques alternatives aux expérimentations animales, ne serait-ce que des cellules de peau en culture ainsi que de la cornée reconstituée, et elles sont moins chères et plus fiables que les tests sur les animaux !. Avec la venue des imprimantes 3D on peut également reconstituer de la peau.  Je ne peux que vous encourager à lire des articles sur la peau en culture, c’est passionnant !

Au final c’est bien un jeu d’émotions qui nous est servi, et la question du bébé dans The leftovers m’y a fortement fait penser : « est-ce que vous tueriez un bébé si cela permettait de guérir le cancer ? ». Jusqu’où sommes nous prêts à sacrifier des êtres sensibles pour trouver des solutions, pour guérir (je ne rentre même pas dans le débat de « qui » a littéralement fabriqué les plus grandes maladies sur-mesure pour pouvoir ensuite créer les médicaments équivalents achetés une blinde, qui font muter les maladies ou en créer d’autres à côté, en plus d’écrire une conférence là dessus mes nerfs vont clairement lâcher.)

 

COMMENT Y VOIR CLAIR DANS TOUT CE BAZAR ?
Oui il existe des lois qui interdisent les tests sur les animaux, tant pour les ingrédients de composition que le produit fini. A partir du 11 mars 2013, l’Union européenne a banni tout produit cosmétique où le produit fini et les ingrédients ont été testés sur les animaux. Pour la faire courte et parce qu’elle l’explique bien mieux que moi je vous invite à regarder cette brève vidéo de Coline (elle entre dans le vif du sujet à 2:50 mn).
Donc, oui il y a des « lois », et non elles ne sont pas respectées stricto sensu puisqu’ils arrivent toujours à les contourner.

La seule façon de savoir si une marque effectue des tests sur les animaux est de regarder sur le site de la marque, sous « à propos » ou « éthique », ou d’envoyer un mail si aucune mention n’est clairement indiquée (si vous recevez une réponse type qui vous dit que l’Europe a voté la loi interdisant les tests sur les animaux et que donc plus personne n’en fait, honnêtement courrez, c’est la réponse copier/coller que beaucoup de grandes marques envoient, 0 crédibilité donc), soit se référer à des associations qui listent toutes les marques cruelty free. Celle de PETA et One Voice sont les plus représentatives, cependant elles se contredisent parfois et internet n’aide pas pour faire circuler des informations justes et à jour. S’ajoute également le problème d’une marque pilier, exemple L’Oréal, qui teste sur les animaux mais qui détient des marques qui ne le font pas (Urban Decay par ex). Si je trouve logique de boycotter L’Oréal, je ne trouve pas juste de boycotter les autres marques qui sont elles cruelty-free sous prétexte qu’elles appartiennent au groupe. C’est justement en favorisant ces marques ci plutôt que toutes les autres que la balance penchera.
De plus en plus de blogueuses proposent également de mettre à jour ces listes en vérifiant par elles-même auprès des marques et en prenant le temps de s’informer au maximum, vous en avez une ici, et ici.
Aux listes s’ajoutent les labels qui garantissent un produit cruelty-free. Le plus commun est le leaping bunny (n’importe quel logo où vous voyez un lapin signifie que la marque est cruelty-free) ainsi que le vegan society. Cependant attention : beaucoup de marques ne testant pas sur les animaux n’ont aucun logo (je n’ai toujours pas compris pourquoi sachant que le leaping bunny est gratuit si je me souviens bien), prudence est donc mère de sureté et plutôt deux fois qu’une. Si un produit vous fait de l’oeil mais que vous ne connaissez pas la politique de la maison attendez un peu et renseignez vous d’abord. A noter également que plusieurs apps dont celle du leaping bunny existent avec la liste des marques mais je ne sais pas si elle est à jour.

Je tiens également à préciser un point : on tape toujours sur la Chine en ce qui concerne les tests sur les animaux (c’est vrai ces salauds de chinois quand même tous des crevards, c’est sûr 1.3 milliard d’habitants sont forcément TOUS pour les tests sur les animaux, tout le monde le sait ! il n’y a bien sûr AUCUNE association ou compagnie là-bas qui essaie de faire changer les consciences, bien entendu.) mais en France on peut tout simplement gentiment se la fermer car des pratiques aussi cruelles sont autorisées sans que ça gène qui que se soit, oui en France les labos testent, oui vous avez dans des villes des chiens, des chats qui disparaissent et comme par hasard il y a un laboratoire dans les environs et tiens on en retrouve un avec la tête tranchée au couteau dans un fossé (fait véridique qui m’a été rapporté par ma mère) excusez moi mais on est pas au pays des bisounours non plus hein faut pas déconner.
Il n’y a pas de loi en Chine qui oblige les tests sur les animaux pour des produits qui sont crées sur leur sol, en revanche ils les rendent obligatoires pour les importations. Des marques cruelty-free chinoises, ou japonaises, ou coréennes etc il y en a plein ! Il suffit de se renseigner.

 

LES DIFFICULTÉS QUE L’ON PEUT RENCONTRER :
Je ne me rappelle absolument plus de la période où j’ai fait cette transition de produits conventionnels vers des produits cruelty-free, cela remonte à quelques années maintenant et j’ai rencontré alors les mêmes questionnements et difficultés que n’importe quelle débutantes aujourd’hui. Le monde de la cosmétologie, pharmacologie et toxicologie est très compliqué et s’informer peut devenir un vrai casse tête. Dans le doute, privilégiez toujours des informations officielles provenant de la source première, quitte à ce que se soit en anglais, car un copier/coller en entrainant un autre on se retrouve souvent avec des informations tronquées, erronées ou carrément détournées.

Quelques problèmes se sont posés cependant au fil du temps en ce qui me concerne et qui ne me permettent pas pour le moment d’avoir une routine personnelle 100% cruelty-free. Deux facteurs entre en compte : le coût et la qualité (les deux sont souvent liés). En effet quand on fait cette transition on se dirige très souvent vers des produits vegan et/ou bio, dont le coût est plus élevé globalement, parfois sans réelle raison (les produits bio de luxe sont par exemple, pour moi, une aberration totale, 60 euros pour un serum, 80 pour une crème de jour, la routine complète équivaut à un loyer ! …). Cela se corse d’autant plus si on a aucune boutique près de chez soi qui propose des produits cruelty-free, on est donc obligé de passer par le net et bonjour la note salée (les frais de port étant très souvent gratuits seulement à partir de 50/60 euros dans les boutiques en lignes de cosmétiques vegan et autres). Il suffit que le mois soit un peu serré ou que l’on ait d’autres priorités d’achat(un frigo, un canapé que sais-je), la bagnole qui tombe en rade, votre gamin qui se casse le bras, bref clairement ça ne sera pas votre priorité et personne ne peut vous flinguer pour ça. J’ai également eu du mal quelques fois à trouver des produits correspondants en version cruelty-free, que je puisse acheter en magasin ou qui ne coutent pas une blinde si je dois me tourner vers une commande online. Un des produits que je n’ai pas encore trouvé est un gel qui mousse assez pour que je puisse l’utiliser avec ma tosowoong, j’en ai essayé plusieurs mais aucun ne me satisfait (il faut un produit assez épais pour utiliser cette petite brosse sinon la peau est sur-décapée et très irritée) pour le moment je continue donc de me tourner vers des produits qui ne sont pas cruelty-free. Enfin, j’ai eu quelques déconfitures au niveau de la qualité : produits qui tournent trop vite, effets sur le long terme pas au rdv, maquillage qui ne tient absolument pas, mal pigmenté, ou qui provoquent des allergies que je n’avais pas avec des produits conventionnels, notamment au niveau des mascaras (et oui on aura tout vu, je n’ai toujours pas trouvé le composant traitre).

Heureusement il existe des tas de ressources vraiment chouettes ! De Love Lula (fdp gratuits), à Slow Cosmetique (il faut bien trier et si vous aimez ce concept je vous recommande de vous inscrire à la newsletter qui vous informe régulièrement pour les fdp gratuits pendant une courte période ou bien de promotions) en passant par Gaiia , Mix Nature et plus simplement votre Biocoop ou tout autre magasin qui propose des marques « de base », Weleda & co. Ce que j’ai appris au fil du temps, cela fera l’objet d’un autre article car celui-ci est déjà bien assez long, c’est qu’on a pas besoin de 36 produits. Et lorsque on fait du vide on ne paye finalement pas plus cher, on a moins de produits mais qui se suffisent, qui sont majoritairement de meilleure qualité et qui durent plus longtemps.

En résumé, si vous voulez faire une transition faites la à votre rythme, étape par étape, produit par produit et renseignez vous bien. Chaque chose en son temps, comprenez également qu’il n’y a aucune consommatrice parfaite, ne vous laissez pas tenter par la culpabilisation facile et par les « arguments » complètement idiots que l’on pourrait vous sortir (« haaaan t’es vegan et/ou tu achètes cruelty-free mais tu prends l’avion pour voyager !! c’est vraiment n’importe quoi soit tu fais tout soit tu fais rien » .. oui ben comment te dire va traverser l’Océan Atlantique à la nage et on en reparlera après). Ne vous découragez pas si vous ne trouvez pas au début les produits qui vous conviennent, c’est aussi un exercice personnel où on redécouvre sa peau, ses réactions et aussi le fait que l’on a finalement pas besoin de 36 produits de soin ! (mais ça c’est pour un autre article ..)
Mon but est d’arriver à du 100% cruelty-free pour tout les produits que j’utilise, que se soit dans la salle de bain ou les produits d’entretien, je le fais à mon rythme, en prenant le temps de trouver des solutions qui me sont adaptées et non pas parce qu’elles sont dans la hype du moment. On vise ici quelque chose sur le long terme, à vie quoi, donc autant bien faire les choses.

Enfin, je ne peux que vous encourager à signer la nouvelle pétition lancée par The body shop et Cruelty free international demandant le bannissement mondial des tests sur les animaux pour les produits cosmétiques. Chaque petit pas compte !

 

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1 Comment

  • Reply
    Erde
    22 juin 2017 at 15 h 21 min

    La pub avec le petit chien est horrible x(
    Les gens regardent de plus en plus les étiquettes des produits qu’ils achètent.
    J’ai souvent des clients qui me disent « on change complètement nos habitudes et on ne veux plus consommer les produits de grande surface, qu’est ce que vous nous conseillez? », et quand les gens reviennent quelques semaines plus tard, super contents et convaincus, tu réalises à quel point on a oublié l’efficace simplicité des produits d’antan.

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