vagabonde

365 jours (ou presque) de simplicité

Lorsqu’on lit le blog de quelqu’un, que se soit axé spiritualité ou n’importe quel autre thème, on aime bien savoir « comment ça se passe » au quotidien. Peut-être que ça a quelque chose de rassurant dans un sens, de savoir si la personne fait pareil que nous mais je trouve aussi que ça a un côté pervers non négligeable : on critique à loisir la personne qu’on lit, même et surtout si on ne l’aime pas,  ça fait du bien à l’égo, les gens restent chacun à leur place : d’un côté le con ou la conne et soi-même derrière son petit écran bien en sécurité dans le doux cocon secret de notre méchanceté. Surtout ne pas quitter ce schéma préétabli et se demander pourquoi telle personne nous fait réagir si violemment, se serait trop demandé. Bref, je digresse.

Dans mes différents articles j’essaie de coller à un sujet que je me suis fixée (même s’il m’arrive de digresser quasiment dans tous, cf plus haut) et généralement se sont des thèmes globaux sur la spiritualité, que je réfléchis et mûri pendant, souvent, de longues semaines, parfois de long mois. Mais même si j’ai l’impression d’en dire beaucoup sur ma spiritualité, je crois qu’il y a une catégorie pour laquelle j’ai toujours du mal à m’exprimer et c’est celle de « comment je vis ma spiritu au quotidien ».  Je sais que c’est le genre de lecture plutôt appréciée car on rentre vraiment dans l’intime de la personne (toujours cette fonction un peu voyeuriste) un peu comme les Get ready with me sur Youtube. Qu’est-ce qu’elle fait ? Comment le fait-elle ? C’est comment chez elle ? Pour moi c’est comme une arène moderne où l’on se permet de critiquer à tire-larigot, en toute liberté grâce à l’anonymat des pseudos et de lâcher une violence écrite que l’on ne se permettrait certainement pas vocalement en face de la personne. J’ai une très mauvaise opinion et vision de la chose, car trainant pas mal sur YT ainsi que sur d’autres blogs plus lifestyle & co j’ai pu lire une tonne de commentaires plus ahurissants les uns que les autres, d’un nombrilisme et d’un déluge de jugements sans noms en passant par l’inévitable quart d’heure de leçons que l’on donne à l’autre alors qu’on en branle absolument pas un kopeck soi-même. Et ça me dérange, profondément. Entendons nous bien, pas le fait de faire ce genre de vidéo ou d’exposer son intimité, sa famille, son couple, chacun est libre de faire ce qu’il veut si ça lui chante toutes proportions bien gardées. Non ce qui m’emmerde c’est de voir à quel point on peut être encore tellement obtus face aux différences des autres et que l’on ne comprenne pas que c’est, aussi, l’être qui n’est pas nous qui nous fait inévitablement et immensément évoluer. Pour éviter la confusion là également je ne sous entend pas que je suis un modèle d’ouverture d’esprit et d’altruisme mais je pense y travailler honnêtement, tel le colibri je fais ma part.

 

Cet article j’ai voulu le commencer des tonnes de fois, sans savoir comment et surtout sans savoir quoi dire en substance. D’une part parce que je pensais que ce n’était pas intéressant comparé (hé oui) à d’autres qui avaient une pratique bien plus complète et complexe que la mienne, et d’autre part parce que je ne savais tout simplement pas comment expliquer ma façon de faire tant elle est disparate, irrégulière, presque fantomatique parfois. Je l’avoue j’avais une certaine gêne à exposer tout cela aussi de peur d’être déçue que cela ne parle à personne, de n’avoir aucun retour, de m’astreindre à un monologue renvoyant son échos indéfiniment. Mais, récemment, une personne m’en a fait la demande, et une personne cela suffit largement pour moi. Très modestement, j’espère que cela donnera envie à d’autres d’ouvrir un peu plus leur monde intérieur, cela manque, vraiment. Il y a une pauvreté de partage dans les aspects les plus intimes de la spiritualité que je regrette énormément, et même si je peux comprendre la pudeur, la peur du rejet, de la moquerie, de l’exposition, cela ne constitue pas pour moi une raison, ou excuse, suffisante pour se cacher derrière le « je ne peux/veux pas en parler car c’est trop intime », mais où commence et s’arrête le degré d’intimité ? Quand certaines personnes récemment me parlaient d’intimité et de mise à nue dans mes derniers articles c’est drôle car je ne le vis pas du tout ainsi ! Pour moi il est normal et même nécessaire de dialoguer, de partager, d’échanger ces pensées personnelles. C’est un peu comme pour le reste, dans la vie, quand au dîner on demande inexorablement « Tu travaille dans quoi ? Tu as fait quelles études ? ». Je rêve, d’un espoir incommensurable, qu’un jour j’assisterai à un repas où la première question qu’une personne me posera, ou posera à une autre, sera « tu lis quoi ces temps ci ? tu as envie de voyager où ? que penses tu de la question d’identité sexuelle ? » etc etc. Généralement se sont les questions qui fâchent parce qu’elles sont justement personnelles et que, rarement, les personnes  qui participent au débat savent s’écouter les unes les autres, pire encore respecter l’opinion et la vision d’autrui. Pourtant se sont les plus pertinentes, les plus enrichissantes, les plus complètes.

 

Je ne peux absolument pas donner un planning maîtrisé en vous disant « tel mois je fais ceci, l’autre je fais cela » etc, le tout sur une année. Me donner un cadre pour ma spiritualité, même pour des choses simples du genre « j’essaie d’étudier telle arcane qui me plait » ou « je vais tenter une expérience sur 1 mois en faisant ça et ça », est absolument impossible. Ce n’est pas comme ça que je fonctionne, tout ce qui ressemble de près ou de loin à une règle, quelque chose de fixe, est automatiquement voué à l’échec. Aussi ma « pratique » je n’aime pas ce mot car il ne correspond à rien en ce qui me concerne, est totalement aléatoire et criblée de passages « à vide » (qui ne le sont en fait absolument pas mais bon si je commence on en a pour un article de 3km de long.. ce qui est déjà un peu le cas mais enfin bref). La spontanéité, le fait-sur-le-moment-avec-rien, le « tiens j’vais faire ça là maintenant je le sens bien » en plus du « ah meeerde je le sens bien là mais j’ai rien avec moi, bon tant pis je fais sans rien c’est encore mieux en fait » sont des exemples de tout un florilège de trucs faits complètement au dernier moment, à la va vite, en ne respectant aucun code préétabli, le tout à l’arrache. Et je me rend compte, toujours, que ça tombait pile poil en tout points. A chaque fois j’en suis étonnée voire légèrement amusée-blasée « ben voyons … ha les salopards quand même » (mais c’est de l’amouuuur).

Je suis cependant une trame, un filigrane, des bases si on veut, qui sont toujours là : nature, lecture, méditation. Ce sont les 3 choses que je fais même dans les périodes les plus désertiques. Que je le fasse 1 fois par semaine ou tout les jours quand ça va bien, elles constituent le seul socle régulier. Rien de bien folichon, rien de complexe, j’évite le complexe ça n’attire que de la merde. Pour la nature cela passe autant par des balades que de rester simplement assise dans le grand jardin à l’écoute des sons qui m’entourent, de prendre le temps de m’occuper des plantes que je tente de faire pousser, de me renseigner sur telle ou telle … pour la méditation, en ce moment je la fais avec mon quartz rose et un mantra (d’1 seul mot), j’ai essayé plusieurs formes de méditations, j’aime bien varier. Sachant que la méditation revêt plusieurs formes, qu’elle soit assise, en marchant, en faisant la vaisselle 😉 etc …. pour les lectures elles peuvent être de nature spirituelle, mais je prend le temps de cibler énormément mes choix, ou bien qui n’ont rien à voir mais qui amènent à des réflexions très profondes et longues. Pour ma part c’est un 50/50, j’ai eu autant de mindfuck chez l’un que chez l’autre.

Parfois j’ai des périodes où mes réflexions/envies/élans du coeur, seront plus précises, elles peuvent être très courtes comme très longues. J’ai plusieurs figures auxquelles je suis attachée (bien que ce ne soit pas vraiment le bon mot), des conceptions, des théories. Je ne les travaille pas, je les laisse aller et venir, je prend ce que l’on me donne quand/si j’arrive à le voir si je suis assez dans le moment présent. Mais en aucun cas je pose cela comme un « travail », quelque chose de cadré comme dit plus haut, en ce qui me concerne j’ai l’impression de dénaturer l’expérience, d’enlever la spontanéité, la surprise, l’espace neutre où tout peut surgir.

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Donc.
Ma spiritualité est vivante. Elle englobe tout. Mes balades, mes sourires, mes merci. Mes (nombreux) doutes, ma mâchoire qui se serre, le ventre qui se tord, les innombrables nuits les yeux rivés au plafond. Mais aussi les silences, mes yeux fermés, la vision des arbres qui se balancent, les moments que je prend à m’arrêter pour écouter l’incroyable son des feuilles de bouleaux dansant sous le vent, mon reflet dans la rivière … mais comme tout un chacun, comme tout être humain, ce sont aussi mes non-dits, ma colère, toutes les fois où j’ai fait un doigt d’honneur au ciel, toutes les fois où je me disais que la vie c’est que de la merde. La non retenue des sentiments, gueuler, médire, se recroqueviller. Les toutes petites choses que je tente d’apprendre à mon fils, ses « je t’aime maman » spontanés, ses éclats de rire qui me transpercent le coeur et me ramènent à la vie, à la beauté si simple et si pure de la vie.
La spiritualité c’est tout ce qui fait ça, notre propre vie, et pas seulement la jolie façade des livres, des cartes, des pierres disposées en soleil, des matinées parfaites yoga-smoothie-owilavie. C’est tout ce qui est à l’intérieur. Mais plus encore c’est aussi la main tendue, le hug amical parfaitement sincère de joie ou de peine, le réconfort dans le regard de parfaits inconnus, la synchronisation d’atomes et de brins d’adn ; s’asseoir sur un banc en plein centre ville, effacer le monde autour de soi, et ne voir dans les gens qui passent que des coeurs flamboyant reliés qui battent à l’unisson (une des plus puissantes méditation éveillée que j’ai pu faire, à la freestyle, sans y avoir pensé la minute d’avant). C’est aussi les maigres photos que je prend avec mon portable quand je me balade, l’émerveillement que cela me procure car je prend le temps de regarder, me pencher, faire attention aux détails, cela me met dans un état contemplatif différent. Il y aurait des pages entières à griffonner comme ça.

Mais, oui, c’est tout ça.
De tout le reste, j’en ai fini.

 

C’est quoi ta pratique ?
Je vis.

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8 Comments

  • Reply
    Hecate 1306
    11 mai 2016 at 12 h 42 min

    Coucou Valda,

    Tout d’abord, merci pour ton article.
    J’avais commencé un mail que je voulais te transmettre mais le temps m’a pris de court. Dans ce mail, je disais justement combien il est rare de pouvoir échanger sur la spiritualité, et encore plus rarement avec bienveillance.
    Ton article évoque plusieurs sujets mais celui qui m’interpelle le plus demeure ce que recouvre la notion de spiritualité … Aujourd’hui pour ma part, le mot « spiritualité » n’est relié à aucune notion particulière, plutôt à une absence sereine de toute tradition particulière.
    Plus le temps passe, et moins les écrits « spirituels » des autres me conviennent. Dans un domaine aussi intime que la notion de sacré et la relation que l’on a avec, j’essaie de faire corps avec ce que je ressens (justement dans ce corps). C’est un mode de fonctionnement qui n’est pas simple en soi. Des fois certains courants ou écrits me semblent super « chouettes » , et il faut dire que je me vois bien en « prêtresse  » échevelée au corps de déesse, tenant a bout de bras une coupe de nectar sur fond de pleine lune. Mais bon, ca va 5 minutes. Au fond de moi, j’ai quand même du mal à adhérer au concept …
    C’est joli mais cela ne vibre pas, …
    Je vais devoir m’en retourner à mes pénates professionnelles …
    Si tu es d’accord, nous pourrons poursuivre par mail

    Hécate

    • Reply
      Löu
      11 mai 2016 at 12 h 56 min

      Il n’y a pas de soucis n’hésite pas à me joindre par mail ! Et merci pour ton commentaire =)

  • Reply
    Sterenn
    20 mai 2016 at 20 h 14 min

    Oui, la spiritualité c’est simple, frais, quotidien et vif comme la vie.

  • Reply
    Witchlight Dreams
    8 juin 2016 at 20 h 55 min

    Coucou,

    Ta vision de la spiritualité me parle beaucoup, parce que je la vis de plus en plus comme ça. J’avais tendance avant à me poser beaucoup de questions, à me prendre le chou, à essayer de tout comprendre. Je vois maintenant combien c’était futile et surtout dans le mental. J’apprends à lacher un peu plus, à me laisser porter et à faire selon mes besoins. C’est un long apprentissage qui demande de la patience !
    Merci du partage 🙂

  • Reply
    Avelliana
    11 juin 2016 at 22 h 07 min

    C’est article fait (étrangement ? non, pas entre nous !) écho au dernier que j’ai écrit dans mon blog. Je pense qu’un chemin s’est fait naturellement. On a tous, au départ du moins, besoin d’un cadre, de savoir comment çà se passe ailleurs, pour se rassurer ou pour se guider. Et puis vient ce moment où, pour certains, on se rend compte que ce cadre ne convient plus, s’il a jamais convenu. Voilà plusieurs années maintenant, que je n’ai plus vraiment de cadre, et que je suis mon bonhomme de chemin à l’intuition, répondant souvent aux signes qui m’interpellent. J’ai mes bases aussi, presque les mêmes que toi, qui font maintenant plus partie de ma vie que de ma spiritualité.(?) A cela s’ajoutent les moments de grâce, les moments de vide (je plussoie : il y aurait à en dire là aussi), bref, comme tu le dis, la vie…

  • Reply
    Yuna Minhaï
    30 juin 2016 at 9 h 34 min

    J’aime ton article, j’aime ton point de vue, il résonne à fond avec mes réflexions du moment. Essayer de dissocier spiritualité/pratique et quotidien c’est pas possible. Une fois qu’on se débarrasse des artefacts, il ne reste finalement que ça : on vit, on vibre, au quotidien. Pas besoin d’aller chercher beaucoup plus loin, parce que l’essentiel est là. La spiritualité dépouillée et ancrée dans la vie de tous les jours, j’y viens de plus en plus également, surtout depuis que j’ai déménagé. Etre ici m’a fait comprendre beaucoup de choses et a levé des voiles 🙂

    C’est marrant, une demoiselle m’a posé ce genre de question également, il y a quelques mois et, depuis, je suis en train d’essayer de synthétiser tout ça dans un article (depuis février, précisément XD Ouais, je suis pas rapide ^^; ).

    (et fuck les voyeurs, ceux qui critiquent/râlent/dénigrent/insérer ici autre truc pas sympa. Ce n’est souvent que le reflet d’un chemin personnel pas encore trouvé/assumé, mais il est toujours plus aisé de critiquer les autres que de se remettre en question). Il n’y a souvent rien de vraiment méchant là-dedans, juste un cri intérieur…

  • Reply
    Gulliver
    27 août 2016 at 19 h 08 min

    Coucou Lou, c’est la première fois que je te laisse un mot par ici et je le fais pour saluer cette nouvelle envie de partage avec tes lecteurs! Ce que je préfère dans la vie ce sont ces fragments qui surviennent partout où on les attend pas ou plus! Une soif de hasards ou comme dirait Man Ray de coïncidences heureuses et qui regongflent l’âme! Heureuse de suivre ces pérégrinations écrites, donc.
    Des bises
    Gulliver

    • Reply
      Lou
      27 août 2016 at 19 h 28 min

      Merci mille fois, pour ton passage et pour ces si jolis mots ♥ J’espère que nous aurons l’occasion d’échanger encore plus ! =)

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