Initiation à la méditation chrétienne

C’est un tout petit bouquin.
Je l’ai rencontré une première fois, puis une seconde. Le titre m’avait déjà accroché .. “tiens ? ..” puis le quatrième de couverture.
Finalement un jour je l’ai pris et je crois qu’il est devenu le livre, à ce jour, dont j’ai surligné le plus de phrases.
Il faut dire que méditation et chrétien ne sont pas deux mots que l’on voit souvent ensemble. Celui de prière est le plus souvent utilisé mais il est pourtant distinct de la méditation bien que complémentaire. C’est un peu difficile de décrire ce que l’on peut trouver dans ce livre. Premièrement si tout ce qui touche de près ou de loin à Dieu, Jésus etc vous rebute il faudra bien sûr passer votre chemin. Je suis sensible à ces deux énergies mais souvent le discours véhiculé à l’écrit me rebute, peut-être de part le côté trop “catéchisme”. Je n’aime pas le christianisme old school qui sent la mauvaise poussière, le bigotisme et la morale manichéenne à deux balles. Je n’aime pas non plus le laïus “jésus notre sauveur qui est venu racheter nos péchés blablabla”, ça me fait littéralement vomir des yeux. Il y a certains passages en ce sens qui m’ont fait tiquer mais j’essayais de me détacher du discours, de l’idée, en essayant de capter l’essence de l’idée et non sa forme. Je pense que c’est important de tenter ce genre d’approche, en tout cas pour moi cela m’a permis d’approfondir certaines réflexions au lieu de, par réflexe, tout rejeter en bloc.
Deuxièmement ce n’est pas un livre de méthode mais de réflexions et en ce sens on est servi. Il faut dire que le parcours spirituel de John Main sort du lot et c’est peu de le dire. Moine irlandais engagé dans les Services de renseignements anglais, étudiant puis enseignant en droit, direction les Services coloniaux en Extrême-Orient où c’est là qu’il y découvre la méditation. Plus tard il fondera un centre de méditation à Londres. Ce n’est qu’un court extrait de sa vie mais l’aperçu a tout de même quelque chose de curieux. En bref on sent qu’on a pas à faire à un moine “lambda”, impression qui est largement confirmée dès les premières pages où les chrétiens en prennent pour leur garde !

“Nombreux sont ceux qui réalisent aujourd’hui l’importante différence qui existe entre le fait de réfléchir aux vérités de la foi chrétienne et celui d’en faire l’expérience, de même qu’entre le fait de croire en ces vérités sur la foi d’autrui et celui d’y croire à partir de sa propre expérience.”
“Les personnes religieuses ont très souvent prétendu avoir réponse à toutes les questions. Selon elles, leur mission consiste à persuader et à faire respecter des règles, à niveler les différences et peut être même à imposer l’uniformité. Il y a vraiment un peu du Grand Inquisiteur chez la plupart de ces personnes. Cependant, lorsque la religion commence à être intimidante ou insinuante, elle devient non spirituelle : car le don premier de l’Esprit, celui qui façonne la nature humaine, réunit liberté et franchise ; ce que l’on nomme, en langage biblique, liberté et vérité. La mission du chrétien moderne est de sensibiliser à nouveau ses contemporains au fait qu’ils sont habités par un esprit. Il ne fait pas que retransmettre des réponses trouvées dans un livre. A partir du moment où il a trouvé son propre esprit, il devient un maître pour ses contemporains, une source d’inspiration. Il peut les aider à accepter la responsabilité de leur être, à relever le défi que représente le désir naturel d’Absolu, afin qu’ils puissent ainsi découvrir leur propre esprit.”

Et ainsi de suite. On peut aisément comprendre à la lecture de ces deux citations pourquoi ce livre, la parole de Main, m’a tant plu : on peut remplacer chrétien, jésus, dieu, par n’importe quel mot .. personne, ami, être, énergie .. si l’on prend la peine de ne pas se focaliser sur les terme religieux on comprend l’immense sagesse qui nous est retranscrite dans ce tout petit livre. J’ai pour ma part eu des épiphanies à deux reprises et j’ai mis en temps fou à finir cet ouvrage qui n’est pourtant que d’une centaine de pages. Je voulais y goûter le plus longtemps possible je suppose, ralentir le moment fatidique de la dernière page, prolonger cet état de paix que sa lecture me procurait.
En ce qui concerne la méditation à proprement parler le parallèle est fait avec les pères du désert, la prière, mais surtout la connaissance profonde de son propre être, l’or caché tout au fond de soi, la pépite qui brille mais que l’on ne voit pas. Un peu comme un tout petit missel que l’on garde à son chevet pour y puiser réconfort, matière à penser, et une certaine présence familière, ce livre restera sur le mien et je prendrai un plaisir intime à relire certains passages que j’ai annoté et surligné au papier crayon. Le reste je vous laisse le soin de le découvrir si le coeur vous en dit, il serait dommage de trop en dévoiler.
cameringo_20160507_180058

“Trop tard je t’ai aimée, beauté toujours ancienne et toujours nouvelle, trop tard je t’ai aimée. Et pourtant, tu étais dedans, mais c’est moi qui étais dehors, et, sans beauté, je me ruais vers ces beautés que tu as faites et qui, sans toi, ne seraient pas. Tu étais toujours avec moi, c’est moi qui n’étais pas avec toi” – Saint Augustin

 

 

 

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

*