vagabonde

Le jour où j’ai arrêté d’idéaliser la Nature

Récemment en revenant d’une balade j’ai pu constater un changement d’état, qui en fait était effectif depuis bon nombre de mois, voire d’années, mais que je n’avais pas encore totalement intégré et surtout compris. Finalement en prenant le temps d’y réfléchir j’ai pu recouper certains de mes comportements, ou sensations, éprouvés en lisant des articles ou en regardant des images faisant référence à notre relation, nous en tant qu’humains, avec la Nature.

J’ai toujours eu une relation que je qualifierais d’intime avec la nature dans le sens où je ne l’ai jamais dissociée de moi. Plus jeune j’ai été influencée par les paroles de ma mère, assez vindicatives, sur les hommes qui ne sont bons qu’à la détruire, que nous ne sommes que des êtres mauvais, sans compassion et voués à corrompre et à annihiler tout sur leur passage. C’est quelque chose que j’ai gardé en tête pendant très longtemps, relayant moi-même le « message » à qui mieux mieux en idéalisant toujours plus la Nature comme étant la seule et unique déité au dessus de tout. Cela s’est accentué avec mon bref passage dans la wicca qui a mon sens, et cela reste une opinion totalement personnelle en rapport avec mes expériences (sans compter qu’il y a différentes approches de la wicca, je parle donc ci de la plus « basique »), pose la nature avant le pratiquant. Puis au fil des années, en délaissant les différentes traditions et courants ésotériques et spirituels, ce positionnement que j’avais adopté par mimétisme et par un certain lavage de cerveau, appelons-le comme il se doit, a fini par se faire plus doux, moins catégorique pour en arriver à l’approche que j’ai actuellement que je développerais juste après.

 

Auparavant j’avais du mal à rentrer chez moi. Je voulais rester pour toujours dans la forêt, loin des gens, qui n’y connaissaient rien, qui étaient trop violents, sans finesse, sans élégance, trop bruyants, trop tout. On ne se rend pas compte, lorsque l’on se fait fervent « défenseur » de la Nature, à quel point on rabaisse sa propre humanité. On met la nature sur un piédestal de plus en plus haut, en dévalorisant l’humain à grand renfort de discours naïfs, on crache le venin de notre propre mal être envers les autres, tant qu’à faire autant que cela serve la cause et la nature semble être la meilleure. On coupe totalement les liens entre elle et l’homme en arguant que la planète n’a de toute façon pas besoin de nous pour le futur et que l’on peut bien tous crever ça ne lui fera ni chaud ni froid.
En lisant ce genre de discours je me suis dit .. wouaw… mais c’est absolument égocentrique et complètement à côté de la plaque.

Et ce n’est pas en étant plus proche de la nature que l’on va arranger les choses, mais en étant plus proche de nous même. On en arrive à un tel point de négation de l’être humain que ça en devient totalement pathologique. Qu’est-ce que cela va arranger de nous pointer du doigt pendant des centaines d’années ? A part continuer d’alimenter une haine qui n’amène qu’à un cul de sac tellement déjà bouché qu’on se demande comment il arrive encore à se remplir ?

Deux affirmations sont à mettre en avant dès aujourd’hui pour rétablir un équilibre :
▬ Il n’y a pas la Nature d’un côté et l’Homme de l’autre : tout est entrelacé.
▬ l’Homme est une créature absolument fabuleuse et belle.

J’ai l’impression que nous avons tellement peur de nos potentiels que nous préférons nous cacher derrière cette grosse barricade de sarcasmes, d’humour noir et finalement de maladie émotionnelle envers notre propre genre (humain donc, et non le genre masculin/féminin). Un peu comme le « faith in humanity restored », à quand le « faith in me restored » ? et qu’est-ce que l’on fait soi-même pour que les relations entre humains aillent mieux au lieu d’attendre que se soit toujours les autres qui aient la solution ?
J’ai l’impression que c’est la même chose pour la nature, on est là à attendre qu’un jour elle se réveille pour nous foutre une claque monumentale, mais en attendant que faisons-nous ? On se lamente sur notre propre capacité de destruction, mais à côté de ça qu’est ce que l’on fait concrètement pour que cela change ? On attend que se soit les écolos/les bobos/les hippies etc qui fassent le sale boulot au lieu de se prendre la vérité en face : si on en avait tellement quelque chose à carrer de la nature on resterait pas le cul assis derrière notre bureau à utiliser des sites 0 empreinte de carbone pour se donner bonne conscience.

Un exemple très simple : je suis sûre que comme des milliers d’autres personnes vous avez déjà croisé un gros tas de déchets dans la forêt. Réflexe : putain c’est vraiment dégueulasse y’a des gens qui ont vraiment aucune conscience, on leur a rien appris  ?
Et vous continuez votre balade. Vous. Continuez. Vous détournez les yeux et vous laissez ça derrière vous parce que non vraiment c’est trop crade halala les humains sont vraiment des porcs. Mais les déchets, vous les laissez bien, non ? Vous êtes bien entrain de participer à cette pollution en la laissant là ? ha oui mais on va pas se balader tout le temps avec des sacs poubelles non plus. Mais oui c’est tellement simple, et si personne ne le fait QUI va le faire ? La commune ? L’association qui fait un nettoyage symbolique 1 fois par an ? (quand elle existe) Quelqu’un qui aura bien le courage de le faire parce que moi j’ai trop la flemme ? Les ratons laveurs ?

La nature on l’aime et on a envie de la protéger quand elle est belle, quand elle est photoshopée mais surtout pas quand elle est dégueulasse à s’en faire chialer sur place ni quand elle pousse à l’autre bout du monde. Alors les grands discours sur la nature les étoiles plein les yeux et l’envolée lyrique ça me fait bien marrer, parce qu’à côté de ça on est pas foutu de mettre les mains dans la merde, on laisse parce que vraiment les autres sont hyper sales et sans éducation.

Non, les hommes ne se réduisent pas qu’à ça. Nous ne sommes pas que des enfants en colère, nous sommes aussi des êtres sensibles qui commencent à comprendre à quel point le langage de la nature est proche du notre et surtout à quel point on peut communiquer avec elle. De plus en plus nous développons notre compassion, notre sensibilité, notre intuition et nos capacités. On ne peut pas aller essayer de faire la paix avec une autre entité en étant nous-même encore malade. Et pour arrêter de massacrer la nature il faut d’abord arrêter de se massacrer soi-même. Nous sommes aussi divins qu’elle, nous sommes aussi divers qu’elle, nous sommes aussi changeants, généreux, terribles, évanescents, évolutifs. Nous ne sommes pas LA nature, nous sommes UNE nature, la notre, l’humaine, et prenez ce recul nécessaire : nous sommes la seule espèce terrienne existante. Aucune autre vie ailleurs ne ressemble à la notre. Tout comme les espèces animales uniques sur Terre, nous sommes une espèce unique dans l’univers. Rendez vous compte de ce que cela implique ? Rendez vous compte de notre propre spécificité, du trésor que l’on représente ? De l’incroyable chance que nous avons d’incarner des créatures uniques ? De l’incroyable beauté de cette singularité ? Sortez de votre corps, de votre appartement, de votre ville, de la région, du pays, du continent, de la planète : nous n’existons qu’ici en tant qu’humains. Même si sur une autre planète des êtres auraient l’air d’être comme nous, cela ne serait qu’une ressemblance.

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Et si ça, ça vous retourne pas le cerveau, alors c’est qu’il y a un gros problème.
Nous sommes sacrés. Même avec tout ce que nous portons de modifications dans notre ADN en enchainant les incarnations, les mémoires, les malédictions etc nous sommes une fois ce que nous vivons là, maintenant. Vous êtes une seule fois l’être que vous incarnez présentement. Vous n’avez qu’une seule fois ce corps, ce coeur, cette peau, ces sensations, ces sentiments, cette vue, ce toucher, l’amour que vous ressentez tout autant que la colère.

Et, tout cela, vous voudriez continuer de penser et de croire, que c’est en dessous de la nature ? … Que c’est « moins bien », que ça vaut pas autant le coup ? Que parce que nous connaissons si bien tous les désastres que nous sommes capables de commettre nous ne mériterions pas de poser un regard aussi respectueux et admiratif envers notre propre espèce ? Nous sommes des miroirs, il y a autant de diversité chez les humains que dans la nature, autant d’incertitudes, autant de possibles, autant de champs inconnus, autant de couleurs .. mais on ne peut pas s’en rendre compte si on ne sort pas de son nombril, si on ne sort pas de sa tête, ni si on ne sort pas de sa propre colère.

Rien n’est au dessus ou au dessous. La nature n’est pas plus méritante que nous, elle n’est pas plus parfaite, n’est pas plus idéale.

Switchez de programmes télé, éduquez vous, parlez avec les gens, apprenez à quel point notre corps, notre cerveau, mais surtout notre coeur est une source absolument hallucinante de créations et de renaissances. Notre coeur est infiniment plus puissant que notre cerveau  » Grâce à une nouvelle science, la « neurocardiologie », qui a pris son essor à l’Institut de HeartMath en Californie, des chercheurs ont découvert qu’il existait dans le coeur de l’être humain un petit cerveau composé de dizaines de milliers de neurones semblables à ceux du cerveau de la tête.  Ils se sont aperçus que ce « cerveau du coeur » constituait à lui seul un centre émotionnel et décisionnel à part entière, et qu’il était cinquante fois plus puissant électriquement et cinq mille fois plus fort magnétiquement que le cerveau de la tête »(1). Osez dire que la nature est mieux faite. Osez vous regarder dans un miroir et penser qu’une rose est mille fois plus belle et intéressante que vous.

Maintenant il ne s’agit pas d’idéaliser l’humain. Simplement trouver la bonne mesure, le bon équilibre. Sortez de votre mental qui vous fait tourner en boucle toutes les misères du monde et surtout les vôtres. Regardez vraiment les gens que vous aimez, avec votre coeur, regardez votre enfant ou votre amoureux(se) dormir et écoutez sa respiration, c’est tout aussi paisible que de regarder un coucher de soleil, tout aussi enivrant tout aussi beau. Pas besoin d’aller à Kuala Lumpur pour assister à des paysages qui vous retournent l’estomac d’émotions, pas besoin d’attendre de rencontrer votre famille d’âmes pour sentir votre coeur déborder d’amour, pas  besoin d’attendre le dernier film supra émotionnel pour vous rendre compte que vous savez encore vous émouvoir de quelque chose. Il y a tant à faire dans sa propre vie, tant de rencontres tout aussi parfaites les unes que les autres, même les mauvaises, tant de choses à créer pour le bien de tous, tant de bras à ouvrir et de mains à tendre.

Quand vous avez envie d’enlacer un arbre, pensez à vous enlacer en premier. C’est avant tout vous-même qui a besoin de cette compassion que vous êtes tant pressés de donner à la nature. Enlacez vous, enlacez ceux que vous aimez. Sentez à quel point tout passe d’un humain à l’autre, à quel point les connexions sont infinies, tant physiquement qu’à distance, il n’y a aucune limite, à part celles que vous vous imposez 😉

(1) extrait de « Petit cahier d’exercices de stimulation des forces de guérison par l’amour ». Collectif

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4 Comments

  • Reply
    Cel
    26 décembre 2015 at 18 h 42 min

    J’aime beaucoup ton article, il m’a vraiment ému et parlé au coeur.
    Et je suis assez d’accord avec ta vision 🙂

    Bonnes fêtes de fin d’année, bise

    • Reply
      Löu
      26 décembre 2015 at 18 h 52 min

      Merci beaucoup Cel, et bonnes fêtes à toi aussi =)

  • Reply
    Korrigane
    8 janvier 2016 at 13 h 27 min

    Très bien cet article, j’aime comme il rappelle des principes sains qui cassent les discours préfabriqués et bien-pensants des hippies et autres bisounours !! 🙂
    Il serait un bon pendant à mon projet d’article sur le végétarianisme et par extension, sur les illusions qu’on a tendance à se faire sur la Nature (quand j’aurais trouvé l’hébergeur idéal pour refaire mon blog)… En somme un rappel des réalités, parce que quand tu es réellement confronté aux contraintes de la Nature, tout d’un coup ce n’est plus du tout cuicui les petits oiseaux et les petites fleurs mignonnes 😉 …

    • Reply
      Löu
      8 janvier 2016 at 15 h 05 min

      Merci Korri =)
      J’ai mal aux yeux quand je vois des vegan et autres – dans la branche extrémiste – qui déclarent que tous les problèmes de la planète seraient résolus si tout le monde était végétarien ..
      Et la nature telle qu’elle est, sauvage, indépendante, et très loin de notre petit confort, il ne vaut mieux pas en parler, survie, gelures, déshydratation etc (pour le plus soft) c’est pas très glamour, ça fait pas rêver !

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