C’est quand qu’on se détend ?

10933982_788046457898941_5368563150384551504_nSe serait vraiment un euphémisme de dire que, globalement, on ne sait plus se détendre. Ou plutôt, on attend toujours une occasion spécifique pour le faire comme les vacances par exemple. On se laisse entrainer par le tourbillon quotidien, le temps se transforme en un interminable enchainement de semaines et de mois. Bien que n’ayant pas encore un rythme effréné j’arrive quand même malgré moi à créer des situations de stress et de tensions. Et comme tout le monde j’accumule au lieu de relâcher souvent la pression pour ne pas que ça  pète fort et que je me transforme en troll berserk.  Mais quand on commence à travailler sur soi on est confronté au bout d’un moment à beaucoup d’obstacles dont : pourquoi je me gère aussi mal ? Vaste programme tant cela touche à tout un tas de réseaux conscients et inconscients, de principes actifs, refoulés, et ceux qu’on ne soupçonne même pas mais qui nous enquiquinent quand même.
Mais finalement ce n’est pas si compliqué que ça de se ménager un temps de souffle dans la journée, cela peut même devenir un très agréable rituel que l’on ne raterait pour rien au monde !

Premièrement il faut arrêter de se dire comme une belle excuse qu’on a pas le temps, parce qu’il n’y a rien de plus faux. Du temps on peut en trouver, ne serait-ce que 5 mn si on accepte de sortir de ce schéma culpabilisant “si je prends tant de temps pour moi c’est gaspillé parce que je pourrais faire ceci et ceci à la place”. Il faut aussi accepter de revoir ses priorités, revoir la manière dont on gère notre quotidien. Ce n’est pas un moment qui doit être douloureux mais un moment que l’on doit accueillir comme étant une recherche pour se dégager du temps afin de se ressourcer. Tous les témoignages des gens qui font l’effort le disent, ça paye et ça change tout. Si ça marche pour eux, pourquoi ça ne marcherait pas pour vous ? Depuis quand s’occuper de soi aggraverait quelques chose ? =)

Mon gros problème à moi c’est la régularité, et ce dans beaucoup de domaine. Pourtant c’est la base, la clef. C’est drôle de se dire qu’on essaie de remplacer une certaine routine par une autre routine ! Comme quoi ce mot n’est pas si négatif comme on nous le rabâche pourtant sans arrêt ! Une routine peut être bénéfique dans bien des cas, comme les gens qui sortent d’une grave dépression ou d’un traumatisme et qui ont besoin justement de trouver une routine stable pour remettre la machine en route. Il y a une grande différence entre une routine saine et une qui enferme. Et je pense que savoir faire la différence met aussi les choses à plat.

Dans mon cas je distingue deux types de moments de détente : ceux où l’on fait quelque chose qui nous donne du plaisir et qui nous allège l’esprit et ceux qui ne demandent pas de mouvement et qui nous apaisent en profondeur. Les deux travaillent sur le relâchement de l’esprit mais n’agissent pas au même niveau.
Lorsque je sens que j’ai passé une journée pénible et que je suis un peu tendue un bon bain aux herbes, de l’huile essentielle d’agrumes, une soirée au calme devant un film que j’aime et hop le lendemain je repars du bon pied. Se serait pratique si on pouvait dégager n’importe quelle fatigue, musculaire ou émotionnelle, de la sorte, malheureusement comme on ne le fait pas à temps et que l’on repousse toujours à plus tard les moments où l’on devrait s’occuper de soi c’est une fatigue bien plus insidieuse qui s’ancre (je dis fatigue ça peut être de la colère aussi etc). Dans ce cas là, que faire ?

Je pense qu’il est avant tout important de savoir jusqu’où on est prêt à remettre les choses en question, jusqu’où on est prêt à s’investir. Parce que la volonté première est peut être là, on veut effectivement changer parce qu’on sent que c’est le moment, mais la seconde volonté, celle de fer, est plus difficile à faire remonter. En ce qui me concerne si ça ne résonne pas en moi je sais d’avance que ça ne marchera pas. Les astuces des magazines, les petits articles de blogs qui donnent des conseils tellement clichés que c’est un peu prendre les gens pour des cons (“vous êtes fatigué ? re-po-sez vous !” nooooon sans déconner !) ça ne me donne aucune impulsion parce que cela ne me parle pas directement. J’ai vite compris que je devais tout simplement trouver mes propres leviers, trouver mes propres petites routines qui me plaisent, qui me donnent envie de les exécuter. La question que l’on doit se poser c’est : qu’est-ce qui me correspond ? qu’est-ce que j’ai envie de faire ? Mais plus important, on doit prendre le temps de comprendre ce qui nous apaise réellement. Si c’est quelque chose qui est à l’opposé de ce que l’on entend généralement, qu’est-ce que ça peut faire ? On a le droit de ne pas aimer le yoga, on a le droit de ne pas aimer la méditation. Il n’y a pas de lois, ni règles, seulement celles que l’ont se créé et que l’on s’impose.

De part mes expériences diverses et variées sur la colère, la frustration et l’invitation du mode drama-queen je sais qu’au bout d’un moment je finis inévitablement comme ça -> 14107131544828_tall
Et je sais que je suis déjà allée trop loin, que je ne me suis pas écoutée et que je suis sur la pente glissante du NO de Grumpy Cat qui peut plus rien blairer autour d’elle. Et c’est un cercle vicieux parce qu’on se supporte plus, on s’énerve, ça engendre de la blasitude qui se transforme en apitoiement qui tourne en colère parce qu’on se sent con(ne) etc. En gros on en sort pas. Alors c’est sûr c’est facile de dire qu’il suffit de s’asseoir 10 mn comme si ça allait résoudre tout les problèmes qu’on se trimballe (en ce qui concerne la méditation on est pas obligé d’en faire 1h par jour, 10 mn suffisent amplement au début. Cela peut sembler être beaucoup au départ, et bien trop court au bout de quelques mois ! 10 mn c’est trouvable non finalement dans votre planning ultra chargé ? 😉 ). Certes non, ça ne les effacera pas d’un coup d’un seul mais ce qui est sûr en revanche c’est que ça va dégager les nuages de notre esprit pour y voir un peu plus clair. Et là des solutions popent, des idées qu’on aurait pas eu, on se sent plus serein on explose plus à la moindre contrariété.

Mes moments de reconnexion sont volontairement écartés de réflexions spirituelles ou de connexions spirituelles potentielles avec une divinité. Je trouve qu’il est déjà extrêmement difficile de retrouver son soi enfoui 15 km sous toutes les couches d’égo et d’illusions qu’on ajoute année après année je ne vais pas en plus me coltiner une connexion avec autre chose. Et c’est bien là que le bât blesse également, il faut s’en rendre compte rapidement : on a peur de se retrouver face à soi même, tout nu, avec personne d’autre, dans le silence. Pourtant c’est cela qu’il faut faire, c’est s’affronter soi même. Car qui d’autre se guérirait lentement si ce n’est pas la merveilleuse essence d’amour qui sommeille tout au fond, là au milieu de nous ? …

 

Voici mes différents paliers :

– relaxation superficielle : bains, conversation avec un(e) ami(e), shopping dans un magasin que j’aime …
– relaxation profonde : chants religieux, mandalas, marches en extérieur, yoga, thé …
– méditation de niveau 1 : exercices en forêt, contemplation silencieuse (paysage, une plante en particulier, les cimes des arbres qui se balancent ..)
– méditation de niveau 2 (la plus profonde que je sois capable de faire pour l’instant) : méditation assise silencieuse (yeux fermés ou regard fixe sur bougie par ex), méditation avec sons organiques directs (c’est à dire qui ne sont pas enregistrés) : pluie, vent, rivière, les arbres qui craquent  …

 

Évidemment dans mon cas c’est tout ce qui a un rapport avec la nature qui m’aide à entrer dans des états méditatifs poussés. J’ai conscience que ça ne l’est pas pour d’autres personnes et que la forêt n’est pas systématiquement à côté d’où on vit. Cependant, et cela pourra paraitre sans doute extrême comme affirmation (m’enfin on est plus à ça près sur le blog il me semble :D), de mon point de vue je pense que c’est le seul endroit où une reconnexion profonde est possible. Avant du moins d’arriver à se reconnecter à soi où que l’on se trouve, s’incarner sans problème dans le moment présent, se connecter à son moi divin etc, niveau master quoi. Cela peut d’ailleurs être l’océan, un lac, les montagnes, peu importe, tant que c’est en extérieur, loin des bruits et des énergies d’une ville (je vais pas partir sur le débat “oui mais les villes aussi ont leur énergie blabla” évidemment qu’elles ont les leur et qu’elles sont intéressantes mais on ne peut pas avoir une reconnexion aussi profonde en ville qu’en pleine nature quoi qu’on en dise (je parle bien du début, pas de la reconnexion instantanée qui pourrait se faire quand bien même vous seriez sur Mars) – et si on me rétorque que ce n’est pas le cas demandez-vous ce qui vous fait tant peur à aller vous asseoir près d’un arbre et à foutre votre cul sur la t/Terre).

Cette année je me suis fixée des objectifs, courts et raisonnablement faisables (c’est important de viser des objectifs à court terme, ils ne doivent pas non plus être énormes, il vaut mieux commencer tout petit pour finir enfin au but ultime – hé, Frodon a pas atteint le Mordor en 10 jours hein !) : trouver une routine personnelle qui me donne vraiment envie de m’y mettre, noter les changements durant tout le processus, la modifier légèrement suivant les envies et fortifier mon esprit et ma volonté.
Je sais que je ne vais pas arriver à faire 1 mois complet sans rater une seule session, que je vais me lever la bouche en coeur tout les matins super tôt pour faire mes exercices et que je serais aussi fraiche qu’une nana sortie d’une session photoshop (franchement … qui voudrait ? …) mais comme on a coutume de dire : c’est pas la destination qui compte c’est le chemin ! (elle est un peu hypocrite cette phrase quand on s’y penche deux minutes non ? parce que la destination elle compte vachement, c’est d’ailleurs pour ça qu’on prend le chemin. Bon des fois on prend les chemins sans destination mais c’est une autre histoire 😉 ). Ce n’est pas grave de ne pas avoir envie parfois, je crois que au bout d’un moment la culpabilité et la victimisation faut vraiment aller les envoyer chier proprement jusqu’en Corée du Nord. Ce que l’on oublie surtout c’est de prendre du plaisir, de s’amuser. Vous savez le truc qu’on nous reproche et qu’on remarque même pas, tout au long de l’année, pour ensuite nous marteler la tête avec pendant les périodes de grandes vacances histoire qu’on aille lâcher la thune un peu plus vite. Yay allez à la montagne ça vous gagne, allez en thalasso pour le maillot etc etc. Hypocrisitute générale bonjour.
Ce que j’essaie de dire depuis tout à l’heure c’est qu’il faut arriver à sortir de sa tête ce que l’on peut idéaliser par mégarde, surtout si on est sur Instagram : c’est pas grave si vous avez pas le dernier tapis de yoga, ni la dernière bouteille super tendance juste à côté, ni le leggins motif de l’espace parce que ça vous reconnecte trop en même temps, ou la plante verte qui vous oxygènera les chakras. ON S’EN FOUUUUUT ! Puez le chameau si vous le voulez, faites votre yoga sur du Dépêche Mode ou la b.o de Skyrim (qui d’ailleurs a des musiques sublimes), bon la vodka à la place de la flotte faut pas pousser non plus hein, mais bref : faites – ce – que – vous – voulez. Parce que contrairement à ce qu’on veut nous faire croire à longueur de temps : tout le monde s’en fout de votre gueule et de ce que vous faites chez vous. Donc : faites vous plaisir ! Et trouvez ce qui vous rend zen, qui vous permet de faire reculer cette boule au ventre insupportable, trouvez votre connexion, tendez vous la main.

Si vous avez besoin de sites, de musiques spécifiques, de liens de bouquins, n’hésitez pas à demander en commentaire ou dans le groupe FB !

5 thoughts on “C’est quand qu’on se détend ?

  1. Je me reconnais bien dans tout ton article, particulièrement dans les paliers ; je crois que le vrai objectif est là, dans le plaisir, tout simplement.
    Au début de mes pratiques de méditations, j’avais pris cela tellement a coeur d’en faire une habitude de vie, qu’au final çà devenait une contrainte que je m’imposais. Et là le plaisir disparais. Avec le temps, je sais repérer les moments où, là, çà y est, çà devient vital. Ce qui ne m’empêche pas de le faire aussi, et surtout, quand j’en ai envie, dernièrement notamment avec la pratique de vide mental, qui est vraiment bénéfique. Et j’en ressors toujours avec la banane, tant cela fait du bien. Cela ne le sera pleut être plus dans un ou deux ou 10 ans, et c’est là aussi peut être un point important. Adapter notre pratique à notre évolution, ou inversement d’ailleurs . J’ai beaucoup pratiqué la visualisation, mais sur la partie “connexion” comme tu l’entends, je préfère aujourd’hui me retrouver avec moi même.
    Bon, j’ai pas la forêt à côté, mais une bonne balade me fait aussi le plus bel effet 😉

  2. J’aime vraiment ta façon d’écrire! 🙂 je me reconnais aussi beaucoup dans ce que tu dis! Je relirai cet article à tête reposer un peu plus tard.. 🙂

  3. Merci pour cet article qui vient à point nommé pour moi en ce moment. Quand on finit par se lever le matin avec une boule de stress ingérable au ventre, sans savoir comment on a fait pour l’accumuler, ni comment faire pour s’en défaire, c’est le moment de se poser des questions. Je sais bien que j’ai énormément de chemin à parcourir encore pour travailler sur le stress des autres que je n’arrive pas à repousser, et je sais aussi que je suis parfois ma pire ennemie à ce niveau-là où je ne sais plus comment gérer toutes ces émotions accumulées qui ne viennent pas de moi en grande partie.
    Aussi, si jamais tu as des idées, des livres ou autres concernant les éponges qui ont beaucoup de mal à gérer les émotions externes, et en particulier les gens ultra stressants qui refilent tout leur stress sur les autres et pompent leur vitalité et leurs bonnes énergies, je suis preneuse 😉

    1. Coucou, désolée de répondre si tard.
      Je pense qu’on peut se tenir la main. En tant qu’hypersensible gérer les émotions externes c’est difficile, c’est déjà dur de gérer les siennes -_-
      Un jour je ferais un retour là dessus car je bosse beaucoup dessus. Principalement de la méditation et de la relaxation en premier lieu c’est vraiment une base indispensable ça permet avant tout de ne pas se laisser envahir en quelques secondes par toutes les émotions fluctuantes. Pour le reste je suis toujours en recherche, un mantra par ex à me répéter quand je sens qu’une vague me submerge etc. Etre allée voir un magnétiseur m’a beaucoup aidée également car cela te responsabilise. Oui tu prends, oui t’en chie, mais tu es comme ça et il faut l’accepter et il faut travailler dessus y’a pas de miracle. Et connaitre et savoir d’où viennent certains déclencheurs fait beaucoup avancer.
      J’ai pas de livres spécifiques pour ça car je pense que ce ne serait que de la redite, les hypersensibles en 3 phrases c’est expliqué. En revanche donner des méthodes c’est ça qui est dur car on ne reçoit pas tous les émotions de la même manière.

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