Ma chapelle magique et Imbolc en demie teinte

Je vous en avais déjà parlé quelques fois de cette chapelle que j’affectionne tant. Hier matin je me suis enfin décidée et j’y suis retournée à nouveau pour prendre des photos et partager un peu avec vous cet endroit qui m’apaise tant.

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Son emplacement fait déjà la moitié du travail, elle est située à l’écart de la ville, en hauteur, à flan de colline avec une vue qui s’étend loin à sa droite et à sa gauche (derrière elle subsistent plus haut quelques ruines de l’ancien château). Dessous coulent les 4 rivières et le train passe en rythme.
Elle est toute petite cette chapelle, et plus encore son jardin. Mais les beaux jours revenants elle se pare de magnifiques couleurs, des roses courent le long des murs et embaument merveilleusement l’air, les petites butineuses s’affairent, le chat paraisse étendu sur les marches ou sur un des nombreux bancs. On entend au loin des cloches sonner mais surtout les vaches de la ferme d’à côté, les chevaux qui s’ébrouent et les innombrables oiseaux qui peuplent les collines. Oh comme je l’aime cette petite chapelle aux allures de musée : des ex voto en tableau, de toutes les tailles, sont cloués aux murs intérieurs. J’adore les regarder, lire les dates joliment apposées dans le coin, 1625, 1786 .. Ce sont de tout petits tableaux humbles, des messages, des prières, pour un peu de réconfort et de guérison. Ici ce n’est pas le Christ qui trône mais la Vierge, c’est elle qui nous fait face lorsque l’on s’assoit sur les bancs grinçants. J’aime tant les odeurs d’église, ce mélange si particulier d’encens, de poussière, de vieux bois, de cire, de toile et un peu de métal. Je m’y sens bien, en sécurité et au calme.

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Je me suis toujours demandée ce que je ressentirais en marchant dans ce petit jardin, m’asseyant au soleil, en face de la statuette .. laisser mes jambes dans le vide et regarder le soleil se coucher au loin, et écouter le chant de la nuit.

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Pour la première fois en ce 4 février 2014 j’ai inséré une petite pièce, achetant ainsi deux bougies, pour deux âmes remplies d’espoir qui auraient bien besoin d’un petit coup de pouce. Je les ai allumées, et j’ai prié, aussi pour la première fois de ma vie, la Belle Dame, quelle qu’elle soit. Et ce geste m’a remplie de joie et de bonheur. Parce que dans la nuit il y avait encore deux bougies qui brûlaient pour nous dans un endroit hors du monde et hors du temps, portant dans la chaleur de leur lumière et de leur flamme nos rêves et notre amour … et maintenant je n’hésiterais plus à allumer des petites bougies, dans les chapelles, dans les églises, dans les cavités rocheuses parce qu’en me permettant enfin ce geste, que je voulais tant faire depuis que je suis petite, j’ai ouvert une porte en moi à travers laquelle j’avais peur de laisser passer une certaine lumière …

Mais Imbolc, au final, n’est-ce pas de lumière dont cela parle ? …
Je me suis sentie entre deux mondes de croyances et de prières, et c’est là que je suis le mieux. En côtoyant les anciennes traditions et certaines nouvelles, qui loin de se rejeter les unes et les autres se complètent dans leur message premier. Ensuite, ce n’est que dans le cœur que s’éveille ce genre de vérité personnelle.

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Mais je me suis rendue compte, et c’est là que survient la demie teinte, que ces derniers mois, pour ainsi dire depuis presque 1 an, le contact que j’avais avec les cycles de la nature s’est un peu .. effacé. Tellement tournée en moi-même je n’ai pas réussi à en sortir pour regarder le monde évoluer, perpétuer encore et toujours le grand cycle qu’est la vie. Cet hiver ci je ne l’ai absolument pas senti. J’en ai été complètement coupée. Et même si pour moi il était temps d’aller à cette chapelle, c’est cet appel là que j’ai entendu et non celui d’Imbolc. La reconnexion dont il était question pour  mon premier chemin avec mon Maitre c’était celle ci avant tout : regarder à nouveau, sentir à nouveau, retrouver ma connexion avec le vivant et le végétal, parce que c’est tout ce qui me défini. Et si je veux me reconnecter avec moi-même, je ne peux que le faire à travers la nature, et à travers l’énergie, le cosmos, mon dieu intérieur. En acceptant tout, ce qui donne, ce qui prend, parce que les gentilles petites sorcières naïves c’est que pour les Disney. On ne se tient pas dans la lumière du matin naissant sans avoir foulé le fond des mers et arpenté nos propres cauchemars. Comme la nature donne et reprend, les arcs en ciel ne sortent pas du trou du cul des petits poneys rose, la nature nous emmerde tous autant que nous sommes et on ferait bien de s’en rappeler.

En attendant je continue de fixer l’horizon

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4 thoughts on “Ma chapelle magique et Imbolc en demie teinte

  1. C’est à nous de trouver notre petite lumière intérieure, peu importe dans quel lie cela nous mène. Je me suis toujours sentie très à l’aise dans les anciennes églises, me laissant porter par le calme, la sérénité, et la sécurité que j’y ressens. Il faut dire aussi que beaucoup d’entre elles sont construites sur d’anciens temples, mais également au-dessus de sources ou de points énergétiques puissants.
    Je n’ai jamais hésité à allumer des petites bougies, parce que c’est de la lumière et des bonnes énergies qui en jaillissent, et on n’en a jamais assez.
    La vie, c’est comme des montagnes russes au fond: un coup en haut, un coup en bas, des éclats de rire, des pleurs. Le tout, c’est de garder cette lumière et cette flamme dans le cœur, et le regard bien fixé sur l’horizon 🙂

  2. Les arcs-en-ciel ne sortent pas du trou du cul des poneys ????? Mais tu dis N’IMPORTE QUOI !!!
    ^^

    Blague à part, je comprends ce que tu veux dire, et cet endroit est tellement fort, que j’entrevois les raisons qui te poussent à t’y rendre. J’avais eu le même coup de cœur pour une chapelle dédiée à Sainte Thérence, pas très loin de chez moi (mais 45 minutes de tortillons dans les collines), une petite chose moussue et trapue, avec sa courette et son petit dolmen … Avant d’apprendre que la Sainte en question avait remplacée une divinité gauloise aquatique vénérée dans la source voisine. J’ai compris le pourquoi du comment et j’y ai, comme toi, allumé quelques cierges pour y remettre la lumière qui y manquait (elle est laissée quasiment à l’abandon).

    Et je plussoie pour la traversée de l’ombre. Sans elle, comment pourrait-il y avoir de la lumière ? Comme le disait si justement Edouard Brasey, “Sans le pinceau de l’ombre, nos pages seraient vierges et nos regards aveugles”.

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