La vague intérieure et quelques petites news

J’étais partie pour écrire un article sur le thé (qui viendra après celui-ci) mais finalement je pense que j’ai un peu plus besoin d’écrire ce qui va suivre. Cela fait un petit moment que je n’ai pas posé ma plume sur Walda. Beaucoup de choses se sont passées ces derniers mois et la route qui se dessine maintenant dans ma vie est celle d’une indépendance que j’ai, finalement, toujours recherchée. Mais voilà, cette route sinueuse est une invitation à un recommencement où, avant tout, il y a un grand vide devant mes pieds. Je n’ai jamais eu peur de changer de vie, j’ai eu l’intuition nécessaire au bon moment pour toujours m’en sortir et attraper le cycle adéquat quand il le fallait, seulement je ne suis plus seule, un Mini-Lou est là et les choix qui me paraissaient évidents et faciles autrefois semblent aujourd’hui moins sûrs.
Comme vous le savez ma spiritualité n’a jamais été une composante à part de ma vie je n’ai jamais dissocié les deux. On a tendance à penser que l’on a plus besoin de spiritualité quand les choses vont mal. Ce n’est pas une mince affaire, le premier réflexe qui vient est de faire un gros repli végétatif et se fermer complètement plutôt que de tenter d’aller de l’avant et de poursuivre ses petites routines. Dans mon cas je peux dire que cette fois-ci ce fut quelque chose de différent. Tout en étant latente en terme de pratiques elle a été prolifique intellectuellement. Ces derniers mois ont, en fait, dessiné de nouvelles bases, de nouvelles racines qui m’ont gardées en leur sein et m’ont permises de ne pas m’effondrer. J’ai pu de fait me re-découvrir, comprendre que je n’étais pas celle que me renvoyait mon miroir depuis 4 ans voire plus. Ce n’est pas tellement une question d’acceptation c’est plutôt un embrassement de soi.

Il s’est passé quelque chose de merveilleux dans le très grand bordel qui a précédé ces derniers mois, dans toute cette violence, cette torture, cet acharnement que j’ai pu subir de plein fouet j’ai enfin compris que j’étais quelqu’un de bien. Jamais au grand jamais je ne me l’étais dit et encore moins pensé. Mais vous savez quoi ? Ça a fait toute la différence. Cela a fait que j’ai pu traverser le reste avec un détachement qui a sans doute été vu comme de l’insolence et du je-m’en-foutisme, et, outre le fait que c’était probablement un tout petit peu le cas ça m’a surtout permis de prendre ce fameux recul considérable qui vous empêche de devenir complètement taré. Il y a eu tant de petits moments où j’ai cru que c’était moi qui ne comprenait rien et où j’ai failli accepter ce qu’on m’envoyait dans la gueule …  j’ai eu cette vague, cette incroyable vague, qui a déferlé en moi. Ce n’était personne, c’était juste moi, l’autre qui se tapit très profondément, qui est ressorti et qui m’a dit (je ne l’ai pas entendu mais ressenti comme tel) : tu es quelqu’un de bien et tu ne mérites pas ça. Et sourire en se disant que oui, c’est le cas, c’est comme si vous avaliez un arc-en-ciel.

Récemment j’ai lu une phrase qui m’a interpellée qui disait que la spiritualité c’était aussi un enfermement de soi. Il n’y a rien de plus juste. La spiritualité qui vise à vous faire voir le monde autrement, à vous accepter, à vous ouvrir aux autres c’est juste du bullshit tant que vous n’avez pas été égoïste et que vous n’avez pas looooooonguement regardé votre petit nombril. Seulement cette phase peut durer très longtemps, trop longtemps, et pour en ressortir c’est pas comme le petit poucet, y’a pas de cailloux. Et j’en reviens toujours à ce concept de lâcher-prise, je sais ça doit vous gonfler à force, mais pour moi c’est juste le must-have dans la vie. Et personne ne peut vous dire comment faire, il faut le découvrir soi même, c’est un processus totalement interne, impossible à décrire pour moi. C’est un peu comme si, à l’intérieur de moi, je me mettais en retrait, comme si je “reculais”. Je fais taire mes peurs, mes doutes, mes angoisses et je me dis : ça va aller, parce que quoi que je fasse j’apprendrais quelque chose et ce quelque chose me fera un peu plus progresser.
Alors je deviens calme et je peux reprendre le cours de ma vie.

J’ai dis plus haut nouvelles bases, mais en fait ce sont les mêmes qu’il y a des années lorsque tout ce monde si étrange qu’est la spiritualité s’était ouvert à moi (ou est-ce le contraire ?). Peut-être y a t-il une légère note différente, plus distanciée, plus résonnante, plus en harmonie. Je continue de penser que ce n’est qu’avec des dizaines d’années derrière soi que l’on comprend vraiment notre propre spiritualité et que des dizaines de remodelages sont à faire humblement en cours de route. Maintenant je ressens la mienne avec bien plus de paix, au début on est toujours un peu foufou, très éparpillé, très expansif. C’est une boulimie de l’esprit qui hante au départ, je trouve, et qui ne se tait, ou se calme, que bien bien plus tard. S’enfermer en soi, oui je crois que c’est une étape absolument obligatoire. L’important c’est d’arriver à en ressortir et à en ressortir avec le bon.

Plusieurs fois je me suis demandé ces derniers jours : et maintenant, que va t-il se passer pour moi ? …
Ces entre-deux dans la vie sont si angoissants que l’on est constamment projeté vers quelque chose, et l’on ne vit quasiment plus ce qu’il se passe sous nos yeux. Lorsqu’on a un enfant, un bébé, avec soi c’est encore pire et je ne sais toujours pas d’où me vient cette force qui m’empêche de devenir une angoissée de la vie et de me taper des freaking crises tout les jours. Mais … oui c’est un fait, quand on est au plus bas c’est toujours là qu’on remonte le mieux.

Cela me plait, en fait, de reprendre tout à zéro. Je suis tombée sur mon ancien journal et je me rends compte que la route que je prends est cette fois-ci aux antipodes de ce qui a pu se passer ces 5 dernières années. Le challenge me comble autant sur le plan personnel que spirituel, j’ai une feuille vierge devant moi et je dois trouver le courage de commencer à la remplir. Ainsi, ici sur Walda, les choses vont un peu s’étoffer, se préciser, s’embellir. J’ai pris conscience ces derniers temps que même si j’avais énormément parlé de moi depuis les tout début de mon activité blogesque (et ça remonte loin) je n’ai quasiment jamais rien montré. Et ce qui est ressorti de cette longue période de gestation c’est que j’avais envie de montrer les choses, des bouts de moi, de ma pratique etc. Je suis passée par dessus ce vieux débat du montrer/pas montrer, sous entendu déballage de vie privée dont personne n’a rien à foutre, cette soit disant “exposition” sur la toile et ce narcissisme mal caché/placé qui a été dénoncé par ceux là même qui en rajoutaient largement une couche *lolisme*. Ceci est mon espace, je ne force personne à le lire et je ne veux pas savoir ce que les bienpensants mal baisés en pensent. OSEF.
J’adore découvrir les gens, j’adore voir leur pratique parce qu’elle m’inspire. Et s’inspirer, on en a tous foutrement besoin. Pas besoin d’être un génie, pas besoin de savoir faire des peintures extraaaordinaires, ou fabriquer des objets, ou avoir une cabane dans les bois (bon d’accord sur ce point là je suis jalouse *_*), tout inspire, absolument tout.

Voilà ! Et même si je suis criblée de dettes, que j’ai tj pas de boulot, que je sais pas comment je vais gérer mon gamin seule et j’en passe, le matin quand je l’emmène chez la nounou dans les hauteurs de la ville, qu’il fait froid et qu’il y a de la brume partout, que les nuages sont si bas qu’ils se noient dans les arbres, dans les collines, je respire un grand coup et je ne peux m’empêcher de sourire. Et tout ce que j’arrive à penser à propos de mes problèmes c’est : fuck – that – shit.

Life is beautiful.

6 thoughts on “La vague intérieure et quelques petites news

  1. Tu découvres là les prémices de la Sagesse… qui montre son nez à n’importe quel moment. Oui, les épreuves te laissent à terre, mais elles te rendent plus grande. Oui, certains moments peuvent apparaître comme l’enfer, mais tu trouves la force en toi pour en sortir.
    Cet “inspir/sourire” du matin, gardes le précieusement, tout au long de la journée, il m’accompagne aussi, et m’aide à trouver ce recul, et c’est un début à l’harmonie. C’est l’arme qui te permettra de remplir en douceur ta page blanche. <3. And you are not alone 🙂

  2. J’adore ton état d’esprit ! Et je te souhaite bon courage et bon vent 🙂
    C’est vraiment difficile d’apprendre à lâcher prise, et je pense que c’est vraiment une force d’arriver à faire appel à ce lâcher prise.

    Pour le fait de s’exposer sur ton blog… Je dis OSEF aussi, ceux qui n’ont pas envie de te lire n’ont qu’à passer leur chemin. Moi aussi j’ai eu le même débat intérieur et puis finalement… Je me dis que j’écris avant tout pour moi et que ça me fait du bien. C’est suffisant pour moi ! (et peu importe que j’ai des lecteurs ou pas ^^)

    Bise, Cel

    1. Merci beaucoup =) L’exposition sur le net c’est quelque chose qui fascine et dérange à la fois, mais une fois que l’on sait ce que l’on veut il faut s’y tenir et ne surtout pas écouter les autres sinon se serait un perpétuel “oui,non,oui,non”. Et effectivement c’est avant tout pour soi que l’on écrit =)

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