vagabonde

L’effet kiss cool qui n’était pas prévu

Il y a un peu plus de deux ans maintenant je me suis pris quelque chose en pleine figure que j’ai volontairement repoussé pendant des lustres parce que ça ne s’accordait pas avec ma mentalité et avec mes convictions d’alors, du moins c’est ce que je croyais, disons plutôt que je ne voulais pas laisser la place à ce genre de chose dans ma vie à ce moment là.
Quand on commence à s’intéresser au mysticisme, généralement, on tombe sur un os et cet os c’est l’amour. Je veux dire, l’Amour avec un grand A vous voyez. Pas l’Amour de Dieu, ni de Jésus ou de Bouddha c’est l’Amour tout court, le plus pur, le plus dénué de conceptions humaines et religieuses. La première fois que j’ai ressenti un semblant de cet amour là j’espérais que ça ne durerait pas parce que je ne voulais pas devenir un avatar de Mère Térésa, je ne voulais pas perdre mon identité c’est à dire que je ne voulais pas perdre mon côté sombre sans avoir compris que tout était compatible. J’avais une vision très petit arc en ciel et troupeaux de libellules pailletées de ce genre de personnes qui pour moi avait transcendé quelque chose que je ne pouvais ni ne voulais parce que je croyais, paradoxalement, que j’allais me perdre. Ayant un caractère bien trempé même si avec le temps j’ai tendance à mettre les coups de colère au placard, tendre l’autre joue à quelqu’un qui m’a foutu une gifle c’est pas vraiment mon truc. J’ai toujours pensé comme ça et on ne m’a jamais montré le contraire du coup se prendre un c’est l’Amour qui fait que toutes les choses sont en mouvement, c’est l’énergie ultime, et celle que tous les êtres recherchent, j’avoue, ça coince, ça coince et j’ose dire ça fait bien chier sur le moment parce qu’on sait intimement au fond de soi que c’est vrai. Et pourtant j’ai continué ma petite rébellion.

Puis les mois passant je suis retombée « comme par hasard » sur un poème ou un morceau de poème de Khalil Gibran. A nouveau ce mystérieux amour qui revenait sans cesse, je savais bien qu’il y avait des choses à comprendre, ça titillait bien trop ma caboche pour que je passe à côté. Mais c’est lorsque tous les poètes disparus s’y sont mis de concert que je me suis dit qu’il fallait vraiment que j’y réfléchisse sérieusement et que j’accepte ce que je devais accepter. Byron, Hugo, Keats et bien sûr Gibran, ont forcé, très délicatement, et fait sauter les verrous de mon cœur et de mon esprit. Oui je peux le dire j’ai fait une ascension spirituelle fulgurante. C’est comme s’ils s’étaient tous réunis autour de moi et m’avaient murmuré des litanies, des choses que je ne voulais pas écouter mais que eux réussissaient à me faire comprendre en douceur. Pendant des semaines, des mois, je me suis posée cette simple question : de quel amour parlent-ils tous ?
Pour moi c’était un mystère. Je connaissais plusieurs façon d’aimer, mais ce n’était pas celles là qu’ils évoquaient. Je comptais sur mes doigts : l’amour filial, fraternel, charnel, religieux, le polyamour etc … mais très vite je me suis heurtée à une sorte de barrière. Je sentais qu’il y avait infiniment plus sans arriver à mettre le doigt dessus, comme quand on est à deux doigts de se rappeler quelque chose mais que ça ne vient pas.
Je ne sais pas exactement quand j’ai compris, ce n’est pas digne d’une scène de film avec la musique qui va bien avec, il y a juste un moment où j’ai compris. L’Amour est toute chose et sa fin. A partir de là tout mes verrous sociaux ont pété également. Toutes les barrières de la bienséance, tout ce que j’avais appris et qu’on m’avait inculqué n’avait absolument plus aucune réalité.

Je me suis vite rendue compte cependant à quel point il est difficile d’en parler et de mettre des mots dessus. J’ai tenté avec le Renard mais tout ce que j’ai réussi à dire c’est « l’amour c’est … c’est la plus belle chose qui soit, c’est, c’est juste TOUT, il n’y a rien au dessus, c’est ce que tout les êtres vivants recherchent » avec de grands gestes, mes dieux comme je me suis sentie pauvre linguistiquement parlant, j’étais absolument incapable d’exprimer ce que je ressentais. Tout ce que je pouvais dire c’était des banalités dignes d’une série B. Il faut dire que cette révélation personnelle m’a clairement retournée pendant des jours tout simplement parce que ça a changé en une fraction de seconde mon regard sur .. allez …à peu près tout. Sur ma vie bien sûr en premier, sur mes relations, sur ma façon d’avoir des relations, sur ma façon d’aimer, sur la manière dont on nous apprend à aimer. J’ai eu la nette impression que c’est en laissant derrière moi les stéréotypes sociaux et culturels que j’ai enfin compris la profondeur de dire « j’aime ». A partir de là j’ai compris aussi le sens de l’effacement de soi pour rendre la personne que l’on aime heureuse. J’ai compris que l’amour, entre deux personne, n’était pas ce qu’on en disait. C’est un outil de transcendance personnel, c’est le moyen de donner des ailes à celui qui n’en a pas, c’est le moyen de rendre heureux une personne en la laissant totalement libre. Les gens ne nous appartiennent pas, ce ne sont pas des objets. On ne peut pas disposer d’eux quand bon nous semble, on ne peut pas les enfermer, ni leur interdire ce qu’on veut, on ne peut pas les briser et les façonner à notre image. J’ai également réfléchis de fait aux « crimes passionnels » et à tout ces actes que l’on fait soit disant au nom de l’amour. Mais, non, ce n’est pas ça l’amour, ce n’est clairement plus ça. Et le fait que les gens n’en fassent même plus la distinction me glace.

Quelque part, au dessus de nous mais surtout en nous, existe une source intarissable. Il n’y a aucun retour en arrière possible une fois que l’on y a bu. Il y a juste quelque chose de vaste, comme un ciel étoilé en été, quelque chose qui vous enveloppe et qui s’étend tout autour de vous et en vous. Quelque chose qui se libère ou qui entre, dans tous les cas c’est son cœur qu’on connait enfin, qu’on entend pour la toute première fois. Aime .. aime, me murmure t-il chaque jour. Aime sans l’amour des hommes. Aime en ouvrant les bras, en souriant, en pleurant, en vivant. Aime, parce qu’il n’y a absolument rien de plus important dans cette vie, ni dans les autres à venir. Parce qu’il n’y a que ça à comprendre.
Et qu’il n’y a que ça qui relie.

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5 Comments

  • Reply
    Wote
    25 mai 2013 at 13 h 29 min

    Merci pour ce beau rappel 🙂

  • Reply
    Sharkie
    26 mai 2013 at 16 h 20 min

    Ça donne envie de réfléchir sur l’amour à son tour 🙂

  • Reply
    Siduri
    26 mai 2013 at 18 h 59 min

    Love is the Law… 😉
    C’est toujours un plaisir de te lire.

  • Reply
    Lou
    27 mai 2013 at 11 h 43 min

    Avec grand plaisir =) Merci pour vos commentaires.
    Sharkie au fait, ton oral comment ça s’est passé ? ^^

  • Reply
    Aurélie Emmanuelle
    6 juin 2013 at 15 h 49 min

    Amour prévisible en prévision du grand amour, pourquoi pas.
    Si le tien a pour base un sol cœur rien ne le retiendra.
    Prends-le aussi pour un con et qu’il le voit bien.
    Il est le lien entre les hommes nourri au sein.
    Ce serpent a piqué le droit de Cléopâtre.

    (La première lettre de chaque vers est le titre)

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