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Le zen dans l’art chevaleresque du tir à l’arc.

Il y a deux ou trois ans de cela, je commençais mes premiers cours d’arts martiaux. Outre la douleur insupportable des premiers jours, tant aux entrainements qu’au repos à la maison (et nous rigolons encore avec le Renard de mon souvenir du lendemain de mon premier jour d’entrainement, je pouvais à peine marcher, j’étais courbée et lente comme une vieille) cet amour que je porte de la Voie s’est transformé en quête spirituelle à travers, justement, des disciplines martiales.
Au détour de quelques documentaires, j’étais tombée sur le Kyūdō et ce fut un véritable coup de foudre. D’ici 1 an ou 2 je vais enfin pouvoir commencer cet art.

Quelle ne fut pas ma joie donc de tomber dans une bouquinerie sur ce livre que j’avais dans ma wishlist et qu’il me tardait tant de lire. C’est chose faite et je vous avoue que d’en faire un compte rendu me semble être quelque chose d’assez ardu.

Ce que je peux en dire, c’est que je ne m’imaginais pas la chose ainsi, empreinte d’une si profonde philosophie du Zen, ce qui veut dire, me disais-je pendant ma lecture, que je vais sacrément en baver. L’oubli de soi, l’oubli du but, l’oubli de l’arc, de la flèche, de la cible, des pensées, … quelle galère pour moi qui n’arrive même pas à méditer régulièrement. Mais pourtant il y a dans cette pratique une pureté qui m’attire plus que tout, une forme de communion spirituelle avec ce « Quelque chose vient de tirer ».
Le parallèle avec l’épéiste à la fin de l’ouvrage m’a permit de mieux comprendre certaines notions présentées tout au long du livre.Après cette lecture j’ai encore plus envie de commencer le Kyūdō et d’explorer cette voie de la négation et neutralité totale.Quatrième de couverture :

« Dans cet admirable petit livre, M. Herrigel, philosophe allemand qui est venu au Japon et s’est adonné au tir à l’arc pour arriver à comprendre le Zen, donne de sa propre expérience un récit qui nous éclaire. Un des caractères qui nous frappent le plus dans l’exercice du tir à l’arc, et en fait de tous les arts tels qu’on les étudie au Japon, c’est qu’on n’en attend pas des jouissances uniquement esthétiques, mais qu’on y voit un moyen de former le mental, et même de le mettre en contact avec la réalité ultime. »

Passages :

[…] Sur ces mots, il se saisit du meilleur et du plus puissant parmi ses propres arcs et, dans une attitude solennelle, tendit légèrement la corde à plusieurs reprises et la laissa aller. Par ce geste, il se produit un mélange de vibrations aiguës et d’une vibration sourde ; dès qu’on l’a perçu quelques fois, le cœur en est irrésistiblement étreint. Et si une tradition fort ancienne lui attribue le pouvoir de conjurer les démons, je comprends parfaitement que cette opinion se soit propagée dans le peuple japonais. […]
[…] Après un coup particulièrement réussi, le Maitre me demanda un jour : « Comprenez-vous à présent ce que cela veut dire : Quelque chose tire ! Quelque chose touche le but !
– Je crains de ne plus rien comprendre du tout, répliquais-je, même les choses les plus simples se troublent. Est-ce moi qui tend l’arc ou est-ce l’arc qui me tire à la tension maxima ? Est-ce moi qui touche le but, ou bien le but qui m’atteint ? Ce que vous appelez « Quelque chose » est-il de nature spirituelle aux yeux du corps, de nature corporelle aux yeux de l’esprit ? Sont-ce les deux à la fois, ou bien ni l’un ni l’autre ? Toutes ces choses, arc, flèches, moi, s’amalgament tellement que je ne suis plus capable de les séparer. D’ailleurs le besoin de séparer n’existe plus. Dès que je saisis l’arc et que je tire, tout devient si clair, si un, si ridiculement simple … »
Le Maitre m’interrompit alors et dit :  » Voilà justement la corde de l’arc qui vient de vous traverser ! ».[…]

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