L’appel de la forêt

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“Alors, aux visions troubles des époques lointaines, venait se joindre l’appel qui résonnait au fond de la forêt,
éveillant en lui une foule de désirs indéfinissables et d’étranges sensations.
Mû par un pouvoir plus fort que sa volonté, il partait en quête, cherchant obscurément à découvrir
l’origine de l’écho qui résonnait en lui.”{ Jack London – L’appel de la forêt }

 

L’appel de la forêt est une résonance que j’ai très tôt senti étant enfant. Comme beaucoup de choses dans la vie, lorsqu’ils s’agit de parler de sentiments ou de sensations, les mots semblent pauvres pour exprimer ce qui nous agite.
On peut sans doute comparer cet appel à un aimant. Une attraction si forte que parfois on se lève de sa chaise, on met ses chaussures, et on sort rejoindre la forêt, tout cela sans vraiment s’en rendre compte, comme si on était hypnotisé, dans un autre état de conscience. Cela m’est arrivé une fois, je luttais entre l’envie de partir me promener et de rester bien au chaud chez moi, mais j’ai tout d’un coup bondi de ma chaise comme si on m’avait piqué les fesses avec une fourche, je devais y aller et ne plus tarder.
Souvent on dit que nous retournons d’où nous venons. Cela vaut-il particulièrement pour la forêt ?
Cet espace qui nous plait tant et nous terrifie à la fois. J’aime bien le comparer au chant des sirènes. Une fois qu’on l’a entendu on ne peut plus s’en passer, et en quelque sorte on se perd dans la forêt, de bien des façons. C’est un endroit qui fait ressurgir en nous des émotions troubles, enfouies profondément, dont nous n’avons pas conscience la plupart du temps. Mais il révèle aussi des parties lumineuses de notre être que nous croyons avoir oubliées ou perdues à jamais. Pas de demi mesure, pas de faux semblant, la forêt ne le permet pas.
Cela fait maintenant plus d’un mois que je ne suis pas retournée voir la forêt et elle me manque comme une vieille amie depuis trop longtemps perdue de vue. Elle me manque également comme un professeur aimé et respecté que le temps aurait dérobé.

La forêt m’inspire, elle provoque en moi souvent des sursauts de créativité ou bien des élans d’optimisme, de rêverie. C’est à ce jour la meilleure thérapie (avec le thé, le chocolat et un bon livre) que je connaisse, je n’ai jamais douté de ses pouvoirs. Bientôt à nouveau je pourrais écouter son chant, me repaitre de ses fruits, et me ressourcer. Bientôt enfin je pourrais commencer mon travail sorcier, celui que je repousse depuis si si longtemps.

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